27 janvier 2007

São Paulo, 453 ans:la ville comptant le plus de noirs au monde en fête

Brasília, 25/1/07 – Avec 3,3 millions d’afro-brésiliens selon l’IBGE, São Paulo est la ville comptant le plus de noirs au monde. Cependant, les inégalités raciales sont encore marquantes dans la capitale, qui enregistre une différence de 50% entre les salaires des noirs et ceux des blancs.

Les noirs dans l’histoire de São Paulo

Parler de la contribution des noirs pour le développement de São Paulo exige d’effectuer un retour dans l’histoire du Brésil. Arrivés comme esclaves en 1530, ils resteront dans cette situation jusqu’en 1888 lorsque intervient l’abolition de l’esclavage, c'est-à-dire qu’ils resteront dans cette situation durant 358 ans.

Ils travaillèrent intensément dans la production de cane à sucre, qui dans la période entre le 18ième et le 19ième siècle allait être substituée par les plantations de café. La force de travail esclave fut également utilisée pour l’extraction de l’or et du diamant dans les régions de Goiás, Mato Grosso et de Minas Gerais durant l’époque du Brésil Colonial et dans diverses autres régions. Durant trois siècles et demi, la population noire n’a pas seulement aidé à construire le Brésil, mais elle a également contribué à la consolidation des bases économiques en vue de l’industrialisation, surtout dans l’État de São Paulo, dont la grande impulsion industrielle est intervenue grâce à la production et la commercialisation du café, qui allaient aider l‘État à accumuler un grand volume de capital, principalement dans la Vale do Paraíba.

Aux 19ième et 20ième siècles São Paulo est devenu le plus grand producteur de café au monde, ce qui allait aider à équilibrer la balance commerciale du Brésil pendant longtemps. "Le capital utilisé pour construire les industries vient du café qui fut planté par les bras des esclaves noirs. Durant les dernières années d’esclavage, les noirs travaillaient des semaines entières, sans disposer de leurs samedis ni dimanches, allant jusqu’à 16 heures de travail par jours dans la Vale do Paraíba. Les barons du café agissaient ainsi car ils savaient que le temps de l’esclavage était compté, ils maximisaient la production pour cette raison utilisant le travail ardu des esclaves. Quand les immigrants sont arrivés ici, les italiens principalement, tout était déjà consolidé", raconte le professeur d’Université Hélio Santos, titulaire d'un Maîtrise en Finances et docteur en Administration de la Faculté d’Économie de l’USP, et également auteur du livre "A Busca de Um Caminho para o Brasil"(À la Recherche d’Une Voie pour le Brésil) .

Travail sans salaire, sans récompense

Tous les immigrants qui commencèrent à arriver au Pays au milieu du 19ième siècle ont contribué au développement de São Paulo "mais les noirs sont ceux qui ont participé le plus longtemps sans rien recevoir. Les italiens deviennent salariés lorsqu’ils les remplacent dans les labours ". En plus de cela, le processus d’immigration était également marqué par l’idée du blanchissement de la population brésilienne. L’idéologie dominante durant cette période était que le développement et la modernisation de la société serait le produit de la croissance de la population blanche au détriment des noirs et des indiens.

En 1824, deux années après la Proclamation de l’Indépendance dans la ville de São Leopoldo, dans le Rio Grande do Sul, les allemands ont eu droit aux terres et exigèrent que l’allemand continue d’être enseigné dans les écoles. "Pour le Brésil, l’arrivée des allemands fut fondamentale. Regarde la richesse qu’il y a là", observe Santos, observant que l’État a retiré l’argent du budget et l’a investi dans cette colonie. "Dans le passé, il y a eu des politiques qui bénéficiaient aux groupes ethniques qui n’étaient pas noirs. Ils étaient italiens, japonais, allemands, suisses. C’est en grande partie pour cette raison que les descendants de ces groupes sont bien aujourd’hui. Donc, la situation de ceux qui sont arrivés en tant qu’immigrant est différente de celle de ceux qui sont arrivés esclaves. Cette inégalité visible et criante a contribué à ce que nous ayons deux Brésil", affirme Hélio Santos.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/

Fernanda Lopes Correia, ACS/FCP/MinC

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La communauté invisible des afroargentins

Dans le processus de construction de l'identité historique nationale et ethnique de l'Argentine, pour les afroargentins, valoriser l'ancêtre noir reste difficile. Par le biais d'une ''invisibilisation'' phénotypique et culturelle, leur histoire, leur actualité et leurs droits dans les processus socioculturels et dans la définition de la nationalité ont été ignorés.


Les africains arrivés sur le territoire argentin provenaient en majeure partie des régions côtières de l'Afrique, en fonction - selon la période de l'année durant laquelle ils étaient capturés. C'est pour cette raison que la documentation historique fait la différence entre les `congos' (du Cameroun et du Congo), les benguelas (de l'Angola), les cafres (de Mozambique et Madagascar), les mandingues (de Guinée), entre autres. Ils ne portaient avec eux une seule culture, ni une seule langue commune qui leur auraient permis aux différents groupes de communiquer entre eux.

Dès sa première fondation,  la ville de Buenos Aires comptait des esclaves. Dans son livre "Arqueología de Buenos Aires"(Archéologie de Buenos Aires) , Daniel Schavelzon, l'auteur indique que au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle, la population noire représentait entre  25 et 30 % des habitants des villes. De Buenos Aires -raconte Schavelzon- partaient d'énormes caravanes de personnes enchaînées qui voyageaient pour être vendus à Potosí, Córdoba, Tucumán ou Santiago de Chile. "Personne ne les a vu partir, personne ne les a entendu passer". Entre 1612 et 1615 –seulement en trois de ces lointaines années - partiront du petit village qu'était Buenos Aires 4.515 esclaves en direction de l'intérieur du pays. "Plus que des caravanes il s'agissait de rangées de terreur et de mort", ajoute Schavelzon.

La liberté des esclaves a été proclamée en 1816, mais durant les guerres d'indépendance et les guerres civiles successives, les personnes de race noire furent très souvent utilisés comme de la chair à canon. Il en résulta une diminution dramatique du nombre de personnes de cette ethnie, surtout les hommes. 

Plus tard, avec l'épidémie de fièvre jaune de 1871 qui décima  Buenos Aires, les quartiers situés au bas de la ville furent les plus affectés, dans lesquels vivaient la majorité des individus de race africaine encore présents dans le pays. Leur population fut réduite de façon très marquée. 

Cependant, malgré tous ces incidents, en 1880 plusieurs milliers de noirs, des survivants, étaient présent sur le territoire argentin, majoritairement de sexe féminin. Beaucoup de ces femmes eurent des enfants avec les immigrants italiens et espagnols arrivés  peu avant, mais le groupe européen étant si majoritaire par rapport à l'africain, le premier allait de nouveau et très vite se transformer en groupe dominateur.

Après la disparition subite de la communauté afro argentine, et avec les vagues migratoires, dans les années 40 - 50 commencent à arriver des immigrants africains du Cap Vert venus travailler en tant que marins. 

Une étude récente indique que presque 5% de la population argentine a au moins un  ancêtre de race noire. Dans l'intérieur également, il y a diverses communautés qui s'assument comme descendants des premiers noirs. 

La publicité d'une argentinité sans noirs est le produit d'une construction idéologique fait du stéréotype d'une "nation de race blanche et de culture européenne" un élément clé de l'identité argentine. Son exclusion a contribué à l'invisibilité de sa contribution avec les indiens et les européens dans la construction de la nation.

Traduit de l'Espagnol Par Guy Everrad Mbarga

http://es.caoba.org/edicion2/mundo_actual/afroargentinos/article.htm 

África Vive en Argentine

La fondation África Vive est une des organisations luttant pour les droits des afroargentins. Présidée par María Lamadrid, afrodescendante de cinquième génération, la fondation a entrepris le premier recensement des argentins d'ascendance africaine avec l'appui de la Banque Interaméricaine de Développement pour lutter contre l'anonymat. Jusqu'à il y a peu, les afroargentins étaient ignorés par les statistiques officielles.

Les premières estimations font apparaître que autour de 2 millions d'afrodescendants vivent dans le pays, sans que l'on ne considère la couleur de la peau comme une condition requise et exclusive. Mais l'oubli officiel est loin d'être le seul problème. Les afroargentins restent esclaves aujourd'hui, mais cette fois de la misère. "Ils ne sont ni instruits, ni cultivés et N'ont pas les moyens de se former. Beaucoup souffrent de problèmes d'alcoolisme, de toxicomanie ou sont dans la prostitution", explique Lamadrid. Le panorama n'est pas uniforme pour touts les afrodescendants.

Superstitions racistes

En Argentine et dans d'autres pays d'Amérique du Sud, il est commun de voir des gens se gratter les genou ou se pincer quand une personne noire s'approche à cause de croyances superstitieuses. Des attitudes comme celles-ci démontrent le niveau d'ignorance qui persiste dans la société alors qu'on est au 21ème siècle.

Comment est il possible d'ignorer qu'une communauté d'ascendance noire a existé et reste présente en Argentine?

Durant l'époque coloniale, un tiers de la population argentine de la colonie était de race noire ou africaine, majoritairement esclaves au service de leurs maîtres créoles.

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26 janvier 2007

La réalité des afromexicains

La splendeur du passé africain est méconnue au Mexique. Les noirs débarqués sur ces terres furent dépouillés de leurs cultures, leurs langues, leurs religions, leurs familles, leurs biens; celle (la splendeur) des nations indiennes est visible: cités, monuments, manuscrits anciens, documents, montrent et démontrent la magnificence et le raffinement de leurs civilisations. Cependant, africains et américains endurent la ségrégation, le racisme et la discrimination. Les afrodescendants se sont intégrés au système, assumant que leur condition était négative, et s’affirmèrent en tant que métisses. Mais l’influence des esclaves africains ne s’est pas uniquement établie sur la Costa Chica: un regard attentif sur les histoires des régions a démontré leur présence sur l’ensemble du territoire mexicain.

Les descendants des africains, dont on ne peut se tromper sur le phénotype se retrouvent concentrés sur la Costa Chica de Guerrero et Oaxaca (ouahaca), même s’ils n’apparaissent pas en tant que tel (afrodescendants) lors des recensements, sur les documents officiels, dans les livres de l’enseignement de base, et ne font pas non plus partie de la conscience collective. À la différence des indigènes (qui malgré la discrimination et le racisme dont ils souffrent existent et sont reconnus comme l’une des racines du fait mexicain), les descendants des africains qui sont arrivés, sont nés et se sont mélangés aux européens et aux américains sont invisibles. La seule exception se trouve à Oaxaca dont la législation considère les afro oaxaquains comme une ethnie.

Les afromexicains sont ignorés par le gouvernement et discriminés par la société. La population noire du Mexique et ses conditions "sont presque invisibles dans la conscience nationale", affirme l’états-unien Bobby Vaughn, de l’université Notre Dame de Namur, qui  a travaillé sur un projet de recherche sur la population noire de la Costa Chica de Guerrero et des parties de Oaxaca .

"Nous vivons dans une société pigmentocratique", affirme pour sa part Sagrario Cruz-Carretero, anthropologue de l’Université de Veracruz qui s’est identifié comme étant partie d’une population noire, qui selon ses paroles doit faire face au "stigmate" (que représente le fait) d’être noire et des fois de ne même pas en être consciente.

Cruz-Carretero et Vaughn dénoncent une société dans laquelle la couleur de la peau marque les standards de succès et de beauté, dans laquelle, dans lesquelles les médias ne reflètent pas la composition raciale du pays, dans la société même discrimine les indigènes et les afromexicains, dans laquelle le gouvernement fait peu pour remédier aux situations de pauvreté et de marginalisation des deux groupes.

D’autre part, les descendants des africains emmenés au Mexique durant la colonie ne sont ni comptabilisés ni reconnus comme une population ayant sa culture et ses caractéristiques propres.

Vaughn fait remarquer pour sa part que de nombreux mexicains semblent ignorer le fait qu’il y a des personnes d’origine africaine dans le pays et les traitent très souvent comme s’ils étaient des " sans-papiers d’Amérique Centrale" et leur font subir des expériences  "humiliantes".

Selon les données statistiques, moins de 2% de la population mexicaine auraient des origines africaines, même si Cruz-Carretero remarque qu’aucun recensement n’est précis. Cruz-Carretero indique qu’il y a certainement au Mexique une vaste législation contre la discrimination, mais elle souligne également qu’il y a une différence entre la loi et la réalité.

Mais malgré la ségrégation dont ils sont victimes et le fait que leur présence dans la culture mexicaine est occultée, de nombreux afrodescendants étalent  fièrement leurs racines africaines et cherchent à obtenir que leurs contributions dans l’histoire du Mexique soit valorisés.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://es.caoba.org/edicion2/mundo_actual/afromexico/article.htm

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Brésil: Interview Matilde Ribeiro , femme, noire et ministre de l’égalité raciale

(Publication 09 mai 2003)

Marcelo Pereira/IPS La population noire du Brésil représente presque la moitié de la population totale du pays, mais sa proportion parmi les pauvres est de presque deux tiers, et les femmes noires sont les plus pauvres parmi les pauvres. L'une d'elle est ministre chargée de la promotion de l'égalité raciale au sein du gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva: Matilde Ribeiro. Entrevue à IPS.

Ministra Matilde Ribeiro 



Matilde Ribeiro est à la tête du nouveau Secrétariat Spécial pour les Politiques de Promotion de l'Égalité Raciale, avec rang de ministre. Cette semaine, elle a été interviewé par  IPS à Montevideo, où elle prenait part à la réunion de la Alianza Estratégica Afrolatinoamericana y Caribeña (Alliance Stratégique Afrolatinoaméricaine et Caribéenne) dans le cadre de son premier voyage officiel.

Ribeiro, assistante sociale et activiste pour l'égalité raciale et de genre dans la fin des années 80 est entré en fonction le 21 mars dernier (2003) , Journée Internationale pour l'élimination de la Discrimination Raciale, relégué au second plan  cette année par le déclenchement le jour suivant de la guerre contre l'Irak.
 

Elle avait auparavant participé à la coordination du programme du gouvernement  de gauche du Parti des Travailleurs  dirigé par Lula, et faisait partie de l'équipe de transition ayant préparé l'accession au pouvoir de l'actuel président le 1er janvier. Mais elle ne sut qu'elle deviendrait ministre que le jour précédent sa nomination.

En prenant ses fonctions, elle indiqua que la création de ce Ministère exprime "l'accumulation de siècles de résistance", et qu'il s'agit d'une construction collective effectuée par plusieurs "têtes, cœurs et mains ", mais "qui ne pouvait se produire que dans un gouvernement comme celui-ci".

IPS: Le gouvernement de l'État de Río de Janeiro a décidé de réserver 40% des places dans son université aux noirs. Qui l'État brésilien considère t-il comme noir?

Matilde Ribeiro: Le terme "Noir" est un terme politique. Au Brésil on parle également de  pardos, métisses et mulâtres, mais le mouvement contre le racisme préfère appeler noirs tous les descendants d'africains.
 


IPS: Ce système d' "affirmative action" a été remis en question face à la justice par des étudiants blancs de Río de Janeiro, qui ont obtenu le nombre de points suffisants pour être accepté lors de l'examen d'entrée à l'université, mais qui n'ont pas pu s'inscrire pour que le quota de noirs puisse être rempli.
 


MR: Les quotas ne sont pas le seul élément nécessaire, mais ils sont importants, avec d'autres actions affirmatives au sein et en dehors du système éducatif.

IPS: Vous avez déjà vécu une telle situation, lorsque vous avez participé il y a quelques années à la discussion sur les quotas pour les femmes au PT et au sein du parlement.

MR: Effectivement, et plus de dix ans plus tard, je vois que la politique des quotas a servi à provoquer une augmentation quantitative de la présence des femmes.
 



IPS:  Y a-t-il d'autres actions affirmatives prévues dans d'autres domaines?

MR: Le gouvernement précédent a lancé un programme national dans ce cadre, qui a répondu à la demande sociale et inclut des mesure incitatives pour les hommes et les femmes noirs dans les organismes publics tout comme elle appuie la jeunesse noire qui souhaite étudier la diplomatie. Le gouvernement de Lula évalue ce programme et prépare sa reformulation.

IPS: Une autre action importante pour la communauté noire initiée par le gouvernement précédent, mais appliqué jusqu'à présent avec lenteur, fut celle qui cherche à octroyer des titres de propriété de terres aux "quilombolas", qui sont partie intégrante de communautés revendiquant la continuité des "quilombos" établis par la résistance à l'esclavage depuis le XVIième siècle.

MR: Ce qui reste des "quilombos" sont des communautés historiques qui doivent avoir toute l'attention du gouvernement, pour valoriser la population noire et  sauvegarder leur dignité. L'ancien gouvernement en avait répertorié quelques 2.000, mais les "quilombolas"elles mêmes disent qu'il y en a 3.000 ou 4.000. La première chose à faire est de reconnaître leur existence et de légitimer la propriété des terres qu'ils occupent, mais en plus de cela, ces communautés vivent dans des conditions de grande précarité et d'exclusion sociale, et il faut les inclure dans les programmes socio économiques.
 

L'héritage historique des  "quilombos" est très positif. Zumbí (leader noir du XVIIème siècle qui a dirigé durant des dizaines d'années la résistance des communautés noires émancipées dans le nord est du Brésil) avait établi un espace de convivialité dans l'égalité pour les noirs, indigènes et blancs pauvres.

IPS: Ces derniers jours, Lula a nommé le premier membre de la Cour Suprême Fdérale de race noire, Joaquim Benedito Barbosa Gomes.

MR: Cette nomination est un symbole très important dans un processus de changement culturel t d'attitudes, comme l'est la nomination de quatre ministres noirs dans des domaines stratégiques (Benedita da Silva en Assistance et Promotion Sociale, Gilberto Gil à la Culture, Ribeiro, et Marina Silva à l'Environnement).

IPS: La ministre Marina Silva insiste sur la nécessité de la  "transversalité", pour que la dimension environnementale soit incorporée dans toute l'action de l'état Quelles actions prévoyez-vous pour "transversaliser" la dimension raciale?

MR: Le rôle principal du Ministère n'est pas d'exécuter des politiques, mais plutôt de les formuler avec les autres ministères et coordonner leur exécution à court, moyen et long terme.
Ceci est très difficile culturellement, car  il y a une grande et traditionnelle séparation entre les organismes publics, et chaque domaine agit pour son propre compte.
L'expérience dans les gouvernements locaux m'a appris qu'il n'est pas facile de changer des comportements quotidiens, même si des lois et des instruments et la volonté politiques existent .Mais la transversalité est la clé qui permettra de rendre le Secrétariat effectif. Nous savons par exemple que le système éducatif devrait être un instrument libérateur, mais ses procédures, normes et routines ne lui ont pas permis jusqu'à présent d'intégrer la composante raciale et l'histoire de la population noire. On pourrait dire la même chose pour chaque secteur, l'emploi, la santé, le tourisme ... La population noire fait également le tourisme, elle est également consommatrice.

IPS: Il n'existe pas d'institution similaire à celle que vous dirigez dans le Mercosur. Avez-vous des projets au niveau régional?

MR: Il y a 40 jours que le Secrétariat a été créé, et nos premiers contacts et tournées se sont effectués au Brésil, pour coordonner les actions avec les organismes municipaux et étatiques. Au cours de cette réunion, j'ai commencé à établir des contacts avec des organisations noires d'Amérique Latine et des Caraïbes pour voir ce qui pourrait être fait au niveau des gouvernements. Le Brésil peut donner l'exemple dans ce cadre, mais pour cela il faut que nous fonctionnions bien, que nous soyons exemplaires.
 


IPS: Vous avez travaillé comme consultante des syndicats métallurgiques de Sao Paulo, desquels Lula est issu. Qu'est ce qui demande plus de travail avec les dirigeants syndicaux, faire prendre conscience du problème racial ou du problème de genre?

MR: (Rires) J'ai réussi à ne pas séparer théoriquement l'un de l'autre. Dans mon expérience de vie s'entrecroisent l'exercice professionnel, la politique, le féminisme et l'action contre le racisme. C'est là que se trouve le centre de mes études et de mon militantisme. Classe, genre et race sont trois points de vue qui structurent la vie et l'inégalité, et peuvent également structurer l'égalité.

Source : Agence IPS

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.mujereshoy.com/secciones/680.shtml

MR: Des faits historiques, économique et d'ordre social démontrent que la population noire est celle qui abandonne le plus le système éducatif, et il faut établir des incitatifs qui permettront qu'elle y demeure.  À court terme, il semble que les blancs sont perdants, mais dans le long terme, la conquête de la citoyenneté par les populations noires bénéficiera à tous les brésiliens.

Matilde Ribero en compagnie du Président Lula

IPS: Le ministre de l'Éducation, Cristovam Buarque, a mis en doute l'efficacité des quotas, et il a affirmé que la solution est d'améliorer l'enseignement public, pour que la population noire soit mieux préparée lorsqu'elle affronte l'examen d'entrée à l'université.

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22 janvier 2007

Les Afrodescendants colombiens et le drame séculaire

Par: Nestor Ikeda, Associated Press

Publié dans : El Nuevo Herald

(www.elnuevoherald.com)

Washington. 24/10/06. L’esclavage des noirs en Colombie a pris fin il y a 154 ans, mais comme c’est le cas pour ceux vivants dans d’autres pays d’Amérique Latine, ils ont encore la sensation de vivre un manque de liberté et de respect.

"Beaucoup de gens sont surpris par les choses qui nous arrivent encore", indique Carlos Alfonso Rosero, activiste colombien des droits des communautés noires, qui vient d’aborder ce thème à Washington. "Notre réalité est différente de la version officielle".

Rosero, qui dirige le Proceso de Comunidades Negras en Colombia (PCN), a établi des contacts dans la capitale américaine pour les informer des "menaces modernes" qui touchent des millions de colombiens d‘ascendance africaine.

"Nous voulons générer des conditions de respect de nos droits", a-t-il déclaré dans une entrevue accordée à l’Associated Press en fin de semaine dernière. "Et nous recevons des encouragements et la compréhension du monde".

Cette fois, comme il l’a fait de façon périodique depuis l’année 1998, depuis que les communautés noires ont commencé à évoquer leurs problèmes au niveau international, Rosero a eu comme interlocuteurs des législateurs afro-étatsuniens et afro-hispaniques, ainsi que des dirigeants d’organisations non gouvernementales.

WOLA (Bureau de Washington pour l'Amérique Latine), un de ses groupes qui a soutenu Rosero dans les démarches, a demandé au Département d’État d’observer plus méticuleusement la situation de ces communautés, dans lesquelles "des violations des droits humains, assassinats, persécutions et déplacements compris, sont commis".

L’incertitude dans la vie des noirs en Colombie a semblé prendre fin en 1993 avec le vote d’une loi qui leur reconnaissait des droits spéciaux, particulièrement sur des territoires.

Mais, des problèmes sont apparus presque immédiatement avec la guérilla et les paramilitaires. Puis est arrivé le narcotrafic et ses séquelles issues de la lutte internationale menée pour le combattre. Et maintenant, il y a une attaque du gouvernement, indique Rosero.

"Sur nos territoires, les paramilitaires ont toujours une présence militaire significative, malgré le fait qu’ils sont démobilisés ", déclare t’il.

Le gouvernement du président Álvaro Uribe a approuvé l’an dernier un loi sur la forêt et il y a un débat actuellement sur l’approbation d’un "grand nombre d’articles" de la loi de développement rural, pour, selon Rosero, "faciliter l’expropriation des terres des communautés noires et indigènes".

"Le gouvernement prépare l’entrée en vigueur du traité de libre échange (avec les Etats-Unis) avec des lois qui cherchent à sécuriser les investissements", déclare t’il.

La constitution de 1991 en vigueur en Colombie contient un article transitoire qui pour la première fois depuis leur affranchissement en 1852 a reconnu des droits territoriaux aux noirs, historiquement regroupés en petites populations appelées "palenques".

La Loi 70 approuvée en 1993 et alors considérée comme la plus avancée pour un groupe ethnique dans les Amériques a rendu cette ordonnance permanente et a établi des droits sur le territoire et ses ressources, sur le développement de leurs aspirations propres, sur l’identité et la participation.

Rosero, qui est intervenu dans la rédaction de cette loi indique que comme conséquence, 6 millions d’hectares de terres ont été pourvus de titres au nom des communautés noires, particulièrement dans la zone du Pacifique.

"Le projet de loi rural dit que l’on peut exproprier une terre pour des raisons écologiques", affirme t’il. "Ceci laisse ouverte la possibilité que les terres des communautés noires parsemées de coca ou touchées par l’industrie minière, par exemple, puissent être l’objet d’une expropriation de l’État ".

"Cela semble un non sens car la présence de la coca sur nos territoires est liée à l’application inadéquate du Plan Colombia dans notre pays, et parce que nous n’utilisons pas de produits chimiques dans l’industrie minière".

Même si la population noire qui vit dans les palenques atteint à peine le million de personnes, Rosero calcule qu’il y a plus de 10 millions de noirs en Colombie --un quart du total des habitants du pays—qui vivent dans la région Pacifique, el Caribe, los valles del Cauca et Magdalena et dans les grandes villes comme Bogotá, Cali, Medellín, Barranquilla et Cartagena.

Les noirs vivent dans leurs communautés principalement de l’industrie minière et de l’agriculture, mais Rosero affirme qu’ils ne s’opposent pas à l’arrivée d’étrangers qui entreraient dans ces activités, à condition qu’ils n’utilisent pas le mercure pour le nettoyage de l’or ou ne se consacrent pas à la monoculture du palmier à huile car ces derniers menacent la biodiversité et les sources aquifères.

"Les communautés noires ont toujours eu des problèmes avec les guérillas, les paramilitaires et l’armée", indique t’il. "Maintenant, ils veulent nous apporter des projets dans lesquels les noirs ne participent pas et ne sont pas non plus consultés".

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.etniasdecolombia.org/actualidadetnica/detalle.asp?cid=4343

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21 janvier 2007

Éducation Pérou : ECOLECUA , un livre sur les afropéruviens dans les écoles

Le 17 janvier 2007, le président Alan García, le Ministre de l'Éducation et le Vice- ministre présenteront les livres publiés par le Ministère de l'Éducation et qui seront remis gratuitement cette année aux élèves péruviens. Les livres présentés sont écrits en plusieurs langues: quechua, aymara, shipibo, awajun, etc. Parmi ces livres se trouve ECOLECUA avec un premier tirage de 10,000 exemplaires.

Partageons la richesse de notre

culture afropéruvienne

¡ÉCOLECUA! Est une exclamation qui signifie "Il a mis en plein dans le mille". Nous pensons que avec la publication de ce livre, le Ministère de l'Éducation a visé juste, contribuant à ce que les élèves du Pérou connaissent les contributions, les coutumes et les traditions du peuple afro péruvien.

¡ÉCOLECUA! Est le premier livre sur la culture afropéruvienne publié par le Ministère. Nous espérons que sa diffusion favorisera la diffusion et la revalorisation des afrodescendants au Pérou.

Si on jette un regard sur notre pays, on verra qu'il 'agit d'un pays très varié, non seulement par la diversité des climats, paysages, plantes et animaux, mais aussi parce que sa population présente diverses façons d'être, de penser et de parler, différentes coutumes, modes alimentaires, etc. Au Pérou, de nombreux peuples vivent ensemble, parmi eux, le peuple afropéruvien.

Le Ministère de l'Éducation à travers la Direction de l'Éducation Interculturelle Bilingue –DEIB- réalise actuellement de nombreuses activités pour promouvoir la visibilisation du peuple afropéruvien: Tables rondes de dialogue à Cañete et Nasca, Réunions avec les organisations afro et le premier concours de littérature infantile afropéruvienne "Les afrodescendants au Pérou" qui est l'une des activités ayant eu l.

Les contes, poèmes et récits du présent livre appartiennent aux gagnants dudit concours et reflètent le mode de vie, d'être et de penser et de ressentir du peuple afropéruvien qui représente près de 10% de la population totale du Pérou. Un peuple qui n'a pas perdu sa richesse culturelle qui a contribuée à construire la nation péruvienne. Parmi ces principales contributions, on note la gastronomie variée, sa vision du monde, la tradition orale et musicale, les savoirs, les pratiques religieuses entre autres.

Le concours a été organisé par la DEIB du Ministère de l'Éducation et le Comité d'Organisation comptait diverses institutions travaillant pour la revalorisation de la culture afro péruvienne, parmi elles : Asociación Pluriétnica Impulsora del Desarrollo Comunal y Social –APEIDO-, Asociación Negra de Defensa y Promoción de los Derechos Humanos –ASONEDH-, Centro de Desarrollo Étnico –CEDET-, Cimarrones Comunicación Interétnica Global, Foro Afroperuano, Instituto Nacional de Pueblos Andinos, Amazónicos y Afroperuanos –INDEPA-, Lundú, Asociación Negra Margarita, Mesa de Trabajo Afroperuana, Mesa técnica y diálogo permanente del pueblo afroperuano, Organización para el desarrollo de los Afro Chalacos –ODACH-, Organización de Mujeres Chincha, Orgullo Afroperuano, Pastoral Afroperuana, Red Nacional de Mujeres Artesanas.

Traduit par Guy everard Mbarga

http://www.concytec.gob.pe/foroafroperuano/ecolecua.htm

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14 janvier 2007

Epsy Campbell, leader politique afrocostaricienne

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Publié en 2005

Il y aura des élections législatives et présidentielles au Costa Rica en  février  2006. Epsy Campbell est candidate à la vice-présidence du pays sous les couleurs du parti  Acción Ciudadana (Parti Action Citoyenne). Députée depuis 2002, Campbell est une militante active qui défend les droits de la population afrodescendante et des femmes.

(Mujereshoy) Sa première incursion dans le monde de la politique fut lors des élections présidentielles de février 2002 au Costa Rica, lors de laquelle elle fut élue députée à l’Assemblée Nationale, devenant ainsi la quatrième femme afrocostaricienne à obtenir un siège parlementaire.

Elle a été directrice du Centre des Femmes Afrocostaricienne jusqu’en Avril 2005 avant d’en devenir membre du directoire, en plus de coordonner le Forum des Femmes pour l’intégration Centroaméricaine.  Dans le passé, elle a occupé différentes charges au sein de la société civile, toujours liées au thème de l’inclusion sociale des afrocostariciennes, de la promotion des droits humains des femmes et de l’égalité des genres entre autres.



Cette économiste a décidé il y a de nombreuses années qu’il est possible de changer les choses par le biais de la politique, mais elle souhaitait le faire d’une manière différente.

Elle s’est donc unie au Parti Acción Ciudadana (PAC, Parti Action Citoyenne)qui a mis fin au bipartisme qui régnait au cours des dernières décennies au  Costa Rica.

Ce groupe politique forme désormais la troisième force politique du pays avec 14 députés —dont la moitié sont des femmes—, soit cinq de moins que le parti qui bénéficie de la majorité parlementaire.



Selon Campbell, au cours de la prochaine période parlementaire, 35% des sièges seront occupés par des femmes, un fait historique au niveau national et international, même si seulement trois d’entre elles seront afrocostariciennes. D’après Campbell, ce dernier chiffre devrait augmenter, puisque le nombre d’afrocaribéens dans son pays, officiellement estimé à quelque 120 000 oscille entre les 300 et 400 000, sur un total de quatre millions de  ticos”.

Campbell dénonce le racisme et le machisme et son objectif est que les minorités puissent jouir d’une égalité totale des opportunités. Aussi loin qu’elle se souvient, la nouvelle députée est  impliquée dans la revendication des droits. Elle a grandi avec des ressources très limitées, et est devenue mère très jeune. À 37 ans, elle a ainsi une fille de 18 ans et une autre de 13 ans. Comme elle l’affirme elle -même, l’esprit combatif dans ses veines.

Campbell, qui a été désigné à plusieurs reprises par ses pairs parlementaires comme la meilleure députée de son pays a accordé une entrevue à Oscar Núñez, de l’agence de nouvelles Informa-tico de Costa Rica en sa qualité de candidate à la vice-présidence du  PAC.

Traditionnellement, les vice-présidents n’ont pas joué un rôle très décisif dans les différents gouvernements, ils ont de plus eu tendance à être un peu décolorés. Si le PAC remportait les élections, dans quel secteur joueruez vous un rôle ?

Epsy Campbell: S’il y a une chose qui m’a toujours caractérisé dans mon travail politique, c’est bien le fait de ne pas être une “femme artifice”. J’ai bien réfléchi pour savoir si j’acceptais le poste, car dans un régime présidentiel, le président est le chef “par excellence” et le vice-président est définitivement le “deuxième” en tout. J’ai trouvé la solution en parlant beaucoup avec Ottón (Solís, candidat à la présidence du PAC), pour savoir  si on allait travailler en équipe ou s’il souhaitait seulement disposer de deux personnes qui lui couvriraient l’épaule. Ce qui m’a plu dans la proposition c’est justement qu’il s’agissait d’un travail en équipe.

Mon rôle dans un futur gouvernement serait celui de dialoguer avec les secteurs sociaux et les partis politiques, en faisant le lien entre l’économique et le social.

Il s’agit d’une nécessité, quelque soit le parti politique qui gouverne. Je me vois également jouer un rôle important dans certaines sphères internationales dans le cadre de mon travail de leader afrodescendante, car je pense que ce qui serait atypique ce ne serait pas le fait d’être une femme vice présidente, mais plutôt une vice présidente noire.


La majorité des partis politiques ont choisi d’inclure il y a un certain temps  dans leurs programmes présidentiels une ou deux femmes. Cette pratique signifie t’elle qu’il y a une avancée significative de la participation des femmes dans la politique?

Epsy Campbell: Je dirais que oui. Au cours des dix dernières années, dans toutes les enquêtes, les costariciens s’imaginaient que les femmes seraient bonnes pour presque tout, sauf pour la Présidence de la République. Depuis l’an dernier, plus de 70% des gens seraient disposés à voter pour une femme présidente. Peut être qu’il y a un changement culturel dans ce pays. Le Tribunal Suprême Électoral, si on interprète la loi, n’admet pas des programmes présidentiels qui ne comprennent pas au moins une femme, mais, même si ce n’était pas le cas, il me semble que un parti politique qui présenterait un programme présidentiel pour l’année 2006 sans une femme serait mal vu par les électeurs.

Je souhaite donc dire que nous les femmes nous avons fait un pas en termes du droit de faire partie de sphères dans lesquelles on était exceptionnellement considérées auparavant. Cela doit être lié au travail que certaines femmes ont fait en politique, mais également à l’objectif d’avancée en matière de droits.


Parlant des droits de la femme en politique, peut on dire qu’il y a encore un manque, des places à prendre?

Epsy Campbell: En réalité, il y en a encore beaucoup. Il y a des espaces dans lesquels il faut beaucoup forcer pour y accéder, par exemple, la présidence de l’Assemblée Législative. C’est incroyable qu’avec 35 % de femmes députées, au cours de ces quatre années, aucune d’elle n’a été présidente. De plus, il manque la participation des femmes à des postes qui continuent d’être “masculins”, comme par exemple, la présidence de la Banque Centrale ou le Ministère des Finances. La politique est le reflet de la société et nous vivons dans une société qui reste machiste, dans laquelle de nombreux hommes essayent toujours de maintenir certaines sphères de pouvoir et considèrent la femme comme une menace. Certains se battent pour nous exclure, les plus intelligents font des alliances.

Le PAC  a déjà présenté sa proposition de gouvernement, mais la question s’adresse à Epsy Campbell en tant que individu : quels aspects aimeriez vous le plus impulser si vous réussissez à devenir vice présidente?

Epsy Campbell: Je dirais tout ce qui est lié au développement humain ; je serais ravie de faire avancer une réforme fiscale structurelle, qui permet de générer les ressources suffisantes pour que les gens qui vivent dans la misère dans ce pays aient l’opportunité d’accéder à ce que nous avons appelé les cannes à p
êche
. Nous avons des propositions très bien préparées, mais il nous faut de l’argent pour cela. Je m’engagerais à fond dans ce projet.

Une rumeur selon laquelle vous aspirez à devenir la première femme présidente au Costa Rica court. Est elle vraie et pensez-vous que cela est possible dans le contexte d’un pays qui reste machiste et raciste?

Epsy Campbell: Je n’écarte rien dans ma vie, mais je n’ai aucun plan machiavélique pour devenir présidente. Je suis arrivé où je suis par ce que j’ai construis, donc je ne l’écarte pas, mais il ne s’agit pas non plus d’un plan personnel. Certaines personnes sont allées jusqu’à prétendre sarcastiquement que je ne vais pas soutenir la candidature de Ottón car mon intention est que le Parti grandisse jusqu’à un certain point pour présenter ma propre candidature en  2010, La vérité c’est que ce sont des gens qui ne me connaissent pas.

Je crois que les pays ne se préparent pas avec le temps, mais qu’ils affrontent les possibilités de voter ou de ne pas voter quelqu’un. Et je pense que ce pays est machiste, mais qu’il continue à donner des signes d’une envie de changement si grande qu’il serait disposé à voter pour une femme noire à la Présidence.
C'est-à-dire, que la transition politique est si profonde, qu’on pourrait faire quelque chose d’absolument atypique pour sentir qu'il y a un véritable changement.


Mais bon, il faudra l’évaluer le moment venu. Je travaille actuellement dans le parti en tant que présidente et pour une vice présidence à partir de 2006.


Fuente: Informa-tico, BID.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.mujereshoy.com/secciones/3437.shtml 

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13 janvier 2007

Le Bénin Voodoo Festival réunit africains et afrodescendants

Des milliers d’adeptes du vaudouisme se rencontreront pendant dix jours au Bénin, en Afrique de l’Ouest, au cours d’un festival célébrant les esprits de leurs ancêtres. Le Bénin Voodoo Festival verra la participation de divers pays comme le Brésil, des Etats-Unis et des pays des Caraïbes dont la culture est influencée par le Vaudou.

Pour votre information, ce culte est intimement lié au trafic des esclaves africains. Les chercheurs tentent désormais de trouver les liens existant entre les cultures contemporaines de l’Afrique de l’Ouest et celles des régions des Amériques des Caraibes et de l’Europe aujourd’hui habitées par un grand nombre de descendants africains.

Des pratiquants de différentes religions profiteront de cet évènement qui se tient à Ouidah, un ancien port de trafic d’esclaves, pour essayer de retrouver (rencontrer) les racines de leurs ancêtres.

"Peut-être que mon arrière arrière grand-mère s’est assise sur cette plage. Peut-être que je viens d’ici", dit l’américaine  Alise Williams, de 23 ans, de l’ Associated Press.

Selon Roberto Strongman, professeur de l’Université Santa Barbara, en Californie, la tradition orale du vaudou donne au culte une grande flexibilité qui permet une altération et une adéquation  à la présence d’autres religions.

Au Brésil, le vaudou se mélange au catholicisme et le candomblé pratiqué au pays a de nombreuses similarités avec le vaudou africain. Le sacrifice des animaux, pratique normalement associée au vaudou, est une célébration de la vie et non de la mort, indiquent ses pratiquants. À Haïti, le vaudou a été officialisé en 2003, obtenant ainsi le même statut que les autres religions pratiquées dans le pays.

Traduit du portugais par Guy everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/

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07 janvier 2007

L’expérience afro latine

Ria Richardson 
10/2/2003

LA REDAFRO REALIZA P...


J’entre dans un bar bondé de monde. Je me sens nerveuse, car beaucoup d’entre eux me regardent bizarrement. Je m’avance pour payer et la caissière se met à me parler dans un très mauvais anglais. Moi je lui réponds en espagnol pour lui rendre la tâche plus facile, et le visage de la dame change d’expression, comme si j’étais un fantôme.

Il n y a aucune différence entre moi et les autres personnes qui emplissent cette salle qui puisse les mettre mal à l’aise, excepté le fait que je suis une afro-latine.

Pour moi, ce type d’incident n’a rien anormal.  Bien qu’il y ait des millions d’afro latins comme moi, beaucoup  sont incapables de comprendre qu’un noir puisse également être latino. Il y a des gens dans notre école qui ont vécu des expériences similaires.


Les hispanos à la couleur de peau sombre sont descendants des esclaves africains qui furent emmenés en Amérique Latine.

Puisque nous sommes hispanos et noirs, nous appartenons aux deux cultures. “Je peux faire partie des deux races; la race noire et la race hispanique," dit Leonel Caro, un dominicain en classe de neuvième année. Nous pouvons être comme Juelz Santana, un dominicain qui fait du hip-hop, ou si on veut, on peut danser la salsa comme le vénézuélien Oscar de León.

Niños afrodescendientes

D’autre part, certaines personnes pensent qu’un problème est survenu entre les afro-américains et les afro latins. “J’ai ressenti que les africains d’ici ne me regardent pas de la même manière, il n y a pas d’unité," commente María Yordan-Torres, une enseignante afro portoricaine de Blair. Par exemple, Luís Murillo, un afro colombien et ancien  maire en Colombie déclare: “Il y avait quelques jeunes hommes afro - américains qui passaient et ils me lancèrent ‘hey, un afro américain qui parle l’espagnol,’ puis ils se sont mis à rire."

Javiela Evangelista, une dominicaine qui fait sa maîtrise en études latino-américaines et afro-américaines pense que, “En général, ceux qui ont obtenu le pouvoir sont de descendance européenne. Je crois que c’est pour cette raison qu’ils essaient de nier tout ce qui est africain," indique Evangelista.

Il y a des raisons expliquant cette ignorance. “ Je me suis rendu compte que les gens d’Amérique Centrale me regardent bizarrement, peut être parce qu’il n y a pas une forte présence africaine dans leurs pays," indique Tracey Davis qui est en onzième.

D’autres pensent que le manque de connaissance de l’africain a été causé par la présence des Etats-Unis dans la région. Evangelista pense que les Etats-Unis ont créé cette mentalité. Elle donne l’exemple de l’invasion des Etats-Unis en république Dominicaine qui ont donné le pouvoir au Rafael Trujillo. Ce dernier a  essayé de “purifier" ou “clarifier" la population dominicaine. Une division s’est ainsi créé au sein de la population, affirme Evangelista.

Beaucoup de gens ne pensent pas que j’ai du sang latino. “J’étais très surprise car tu es si noire que ça m’a donné l’impression que tu es d’ici," me dit la bolivienne Andrea Sempertegui de la classe de onzième.

Je ne peux pas non plus allée dans beaucoup d’endroits sans me sentir mal à l’aise. Une fois, je suis allé acheter des billets pour aller voir le salsero Gilberto Santa Rosa. On est finalement arrivé au début de la queue et la dame en service n’a jamais fait attention à moi, elle a plutôt continué à s’occuper des gens derrière moi, comme si j’étais invisible.



Le fait de nier la présence africaine s’est aggravé. En République Dominicaine , il est très évident que la majorité de la population a du sang noir, mais beaucoup d’entre eux nient leur identité africaine. Je suis allé à Saint Domingue et il y avait des gens plus noirs que moi qui me disaient que je ne pouvais pas être dominicaine tellement je suis noire.

Il est dommage que certains afro-latinos nient leur identité et leurs racines. J’espère que l’on pourra abandonner les préjugés pour former une communauté latine plus unie.

Traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

http://silverchips.mbhs.edu/inside.php?sid=2138

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02 janvier 2007

"Martina Carillo, négresse afroéquatorienne source de liberté"

LA LUTTE POUR LES DROITS HUMAINS À LA CONCEPCIÓN (1778)  XVIIIème SIÈCLE 

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Au cours des siècles qu'a duré l'esclavage, il y eut dans la Vallée del Chota et dans le Bassin du fleuve Mira, divers actes de résistance et de tentatives de rébellion. Les haciendas dans lesquelles vivaient les esclaves noirs après l'expulsion des Jésuites, (1767), étaient devenues les propriétés de l'État qui les dirigeait par le biais d'administrateurs.

En fin janvier 1778, trois couples d'esclaves, qui travaillaient dans l'hacienda de La Concepción, s'échappèrent pour se rendre à Quito et présenter au Président une série de plaintes au sujet des mauvais traitements qu'ils subissaient de la par de l'administrateur Francisco Arrecoechea. 

Trois éléments semblent dignes d'intérêt dans cette expédition chez le président":

1.      La conscience d'avoir des droits et la valeur ( le courage ) que cela représentait de les revendiquer.

2.    Le fait de se présenter non pas comme des rebelles isolés, mais comme une Commission envoyée par tous les esclaves.

3.    La présence des épouses qui indiquait le degré de dignité et de force que la femme noire avait acquis.

Le chef de la Commission s'appelait Pedro Lucumí, et parmi les femmes se trouvait Martina Carrillo.

Les plaintes que la Commission présenta au président José Dibuja, furent les suivantes:

1.      Les esclaves recevaient moins de nourriture que ce que la Loi exigeait, d'où l'alimentation était nettement insuffisante.

2.    La rénovation du vestiaire n'était pas réalisée à temps.

3.    On obligeait les esclaves à travailler les dimanches, jusqu'à midi, leur enlevant du temps de repos et qu'ils pouvaient consacrer au travail dans leurs petites fermes (contrairement à la coutume établie depuis le temps des Jésuites).

4.    Les esclaves recevaient des châtiments trop rigoureux et injustifiés, étant donné qu'ils exécutaient bien leurs tâches.

Le Président Dibuja, les reçut et les écouta, puisqu'il considérait que les esclaves avaient le droit de recourir à l'autorité supérieure. De plus, il pensait qu'il ne fallait pas trop maltraiter les esclaves pour éviter de plus grandes rebellions.

Dibuja décida d'envoyer un nouvel administrateur, du nom de Andrés Fernández, chargé de remplacer l'actuel administrateur et d'enquêter sur les accusations présentées par les esclaves.

Lorsque les esclaves retournèrent à La Concepción, ils furent durement châtiés : Lucumí reçut 500 coups de fouet car il était le chef de la Commission ; Martina en recevait 300 qui lui ouvrirent la poitrine et la mirent dans un si mauvais état que le prêtre dût avoir recours aux saintes huiles; il en fut de même pour tous les membres de la Commission, de telle sorte que ils ne pouvaient même pas retourner au travail 15 jours après.

Le nouvel administrateur, qui arriva trois mois plus tard, put encore s'apercevoir des châtiments infligés, malgré les ordres donnés par le Président  d'y mettre fin. 

Bien que Arrecochea essaya de justifier ses agissements, après avoir parlé avec les majordomes et suite à de nombreux autres témoignages, le nouvel administrateur décida d'envoyer son prédécesseur à la prison royale de Quito.

À Quito, il allait subir un procès et fut condamné à une amende de 100 pesos à reverser à l'État et d'une autre du même montant pour les esclaves qui avaient été victimes de sa cruauté.

Les trois noires et les trois noirs restèrent esclaves, mais ils avaient réussi à améliorer les conditions de vie de tous et de toutes les camarades tout en établissant un précédent:

a)      La possibilité pour les esclaves de faire respecter leurs droits et de faire reconnaître leur dignité;

b)      Le pouvoir de recevoir une compensation financière pour les préjudices de la part de ceux dont ils avaient été victimes.

La Graine d'une vie meilleure avait été semée parmi les esclaves de La Concepción, une graine qui durant les décennies suivantes allait produire ses fruits et particulièrement dans la famille de Martina Carrillo, d'où allait surgir un autre grand champion des droits du noir, son fils Francisco Carrillo. 

Traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

http://www.centroafroecuatoriano.com/content/view/92/57/

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