Afro Argentins : Negro Che au festival Afro en Foco
Le long métrage documentaire Negro Che, un film sur la lutte contre la discrimination et l’oubli, a été diffusé en avant-première Le 28 octobre dernier, dans le cadre de la première muestra "Afro en Foco". Le film de Alberto Masliah, raconte l’histoire des afro-argentins en mettant l’accent sur la lutte qu’ils doivent mener de nos jours pour survivre à l’assimilation et l’ "invisibilisation" en Argentine. "Negro Che" se propose de faire la lumière sur la triste histoire de la disparition et de la misère à laquelle l’État et la société argentines les a menés sur plus de cinq générations.
Cette histoire d’extermination et de discrimination est loin d’être chose du passé. Pour cette raison, "Negro Che" cherche à contribuer à la sensibilisation de notre société, en démythifiant sa disparition et en provoquant ainsi la modification des comportements qui de jours en jours reproduisent la logique de l’exclusion des groupes et secteurs marginaux, en attentant aux droits les plus fondamentaux des êtres humains.

L’histoire se déroule durant l’organisation d’une fête de retrouvailles à la vielle casa Suiza, où la communauté afroargentine se réunissait pour fêter le carnaval chaque année jusqu’au milieu du 20ième siècle. On apprend à connaître dans ce documentaire la lutte qu’ils doivent mener aujourd’hui pour démythifier leur disparition.
Les afroargentins résistent au "blanchissement" auquel ils ont été soumis au cours des siècles, un "blanchissement" en vue d’une société plus "cultivée" et européenne.
"Negro che" a reçu le soutien le soutien de l’Institut National du Cinéma et des Arts Audiovisuels (INCAA); de la Defensoría del Pueblo de la Ciudad de Buenos Aires; le Fond national des Arts; de l’ Institut National contre la Discrimination (INADI); Le Secrétariat de la Culture de la Nation et le Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD). De même, il a été sélectionné pour la compétition officielle du IVième Festival International de Cine Pobre , Gibara (Cuba) et fut sélectionné pour le VIIIième Festival International de Cinéma de Droits de l’Homme (DerHumALC), Buenos Aires- Santiago del Estero (Argentine).
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
Zumbi do Palmares
De notre envoyé spécial à Muge (Portugal)

La comtesse de Schonborn, 65, née Graziela de Cadaval, et connue parmi les chercheurs et ''chasseurs'' de documents comme la gardienne des archives de la marquise de Cadaval, sa mère.
Ce sont près de 5.000 livres et ensemble de documents réunis au cours des six derniers siècles et conservés à Muge situé à 80 kilomètres de Lisbonne.
Des années plus tard, des dizaines de documents furent dérobés par un ''chercheur déguisé en paralytique dans une chaise roulante ' '. Depuis lors, seuls les personnes invitées par la comtesse et sous la surveillance de cette dernière scrutent les manuscrits inventoriés par l’État.
(Aureliano Biancarelli)
Parmi ses documents, se trouveraient deux précieuses lettres qui permettent d’imaginer Zumbi alors qu’il n’était qu’un petit garçon. Elles furent écrites par le père Antonio de Melo en 1696 et 1698, alors que la nouvelle de la mort de Zumbi. Les lettres, non retrouvées par la comtesse, furent copiées en 1978 à la demande de l’historien gaucho Décio Freitas.Melo, qui était curé à Pernambuco, raconte que en 1655 il avait reçu un ''petit qui n’avait que quelques jours '' dont il devait prendre soin, enlevé à des noirs fugitifs.
Il fut baptisé du nom de Francisco et éduqué par le père. Le gamin ''démontra un génie jamais imaginé au sein de la race noire '', écrivait Melo. ''À ses dix ans, il connaissait déjà tout le latin de base nécessaire et son portugais évoluait très bien.''
En 1670, à 15 ans, Francisco disparut en laissant une note au père dans laquelle il annonçait qu’il s’enfuyait pour Palmares. Melo raconte que, des années après, le roi Zumbi allait lui rendre visite à trois reprises.
À l’époque des lettres en question, le président du Conseil Ultramarin était Nuno Pereira Álvares de Melo, qui fut le premier Duc de Cadaval, et pour cette raison, les documents allaient être conservés par la famille.
Au cours du temps, une partie des archives des Cadavais s’est perdu. À la fin du 17ième siècle, un incendie détruisait le palais de la famille. Par la suite, avec l’invasion napoléonienne, de nombreux documents furent envoyés au Brésil.
En 1964, les familles allaient se partager ce qui restait des archives. La moitié resta à la comtesse et le reste fut attribué au duc de Cadaval. Et ces dernières années, on observe des ventes aux enchères de (ce genre de)documents.
Traduit du portugais par Guy Everard Mbarga
http://www1.folha.uol.com.br/fol/brasil500/zumbi_13.htm
Histoire des afrobrésiliens : quand les hollandais voulaient 're esclaviser' les noirs
Une partie de l’histoire de l’esclavage au Brésil dort encore dans les archives en Hollande, comme le journal Folha a pu le vérifier en compagnie d’histriens spécialistes de l’occupation hollandaise (1624-1654), Hannedea van Nederveen Meerkerk et Paul Meurs, à Amsterdam.
L’architecte Paul Meurs, spécialiste en architecture militaire hollandaise du 17ième siècle indique que ''il est toujours étrange de trouver ici, dans notre propre langue des documents sur le Brésil, un pays si différent de la Hollande''. Meurs réalise une étude sur l’évolution urbaine de Recife et trouve que plus d’historiens brésiliens devraient apprendre le hollandais pour pouvoir consulter des documents ''de cette période certes courte, mais riche en expérience culturelle pour les deux pays''.
La présence hollandaise au Brésil a pris de l’ampleur durant le gouvernement du comte et militaire hollandais João Maurício de Nassau (Johan Maurits van Nassau-Siegen, 1604-1679) à ce qui était à l’époque la capitainerie de Pernambuco. Nassau avait établi le centre administratif colonial hollandais à Recife, contrôlé par la Compagnie des Indes Occidentales, association de commerce et de trafic de marchandises et d’esclaves.
Durant la période hollandaise, les esclaves noirs _qui apparaissent sereins sur les paysages du peintre Frans Post (1612-1680) _ se rebellèrent et s’enfuirent par milliers dans les forêts de la région de Barriga, aujourd’hui État de Alagoas, consolidant ainsi le quilombo le plus grand, ayant le plus duré et le plus organisé de l’histoire de l’esclavage dans les Amériques ; le quilombo de Palmares, qui existait déjà en 1605.
Les esclaves allaient profiter de la confusion régnant à Pernambuco à cause de la guerre entre les hollandais et les portugais pour s’enfuir des fazendas et des fabriques de canne à sucre abandonnées par les maîtres blancs. Les hollandais appelaient les noirs fugitifs ''boslopers'' (littéralement, ''coureurs des forêts'').
Parmi les documents hollandais évoquant la situation des noirs durant l’occupation, l’historienne Hannedea van Nederveen souligne l’importance des archives du Musée historique juif d'Amsterdam. ''Les juifs hollandais de Recife étaient de grands acheteurs d’esclaves, ils avaient beaucoup de contacts avec les noirs'', affirme-t-elle. Elle met également l’accent sur les journaux des voyageurs comme Johannes Nieuhof.
''Les témoignages de Zacharias Wagner et Nieuhof sur Palmares évoquent le culte des noirs consacré à xangô déjà à cette époque'', observe van Nederveen. ''Nieuhof raconte que les noirs de Palmares dansaient au son des tambours, que l’on pouvait entendre jusqu’au milieu de la nuit''.
Pour l’historien originaire de Pernambucano Antônio Gonsalves de Mello Neto, 78 ans, ''la bibliographie contemporaine en langue hollandaise est, sans doute plus riche que la portugaise et de grande valeur documentaire '' (préface de ''Tempo dos Flamengos'', 1944).
Mello Neto, spécialiste pionnier de l’occupation hollandaise a écrit en 1934 le premier texte d’importance sur les relations des noirs avec les hollandais, dans lequel il reprend (de l’historien Rocha Pombo) le concept de la ''re- esclavisation de l’esclave '', à entreprendre par le colonisateur hollandais.
Les noirs, qui étaient déjà les esclaves des portugais devaient être re – esclavisés par les nouveaux envahisseurs. ''Un projet impossible à accomplir en si peu de temps'', comme la hollandaise van Nerderveen l'indique, ''étant donné l’absence totale de know-how'' de son peuple dans le domaine de la canne à sucre et des esclaves, principale(s) richesse(s) de la colonie.
Les hollandais considéreront leur aventure au Brésil comme un échec définitif en 1654, laissant alors un environnement favorable à la naissance de celui qui deviendra le plus commémoré des combattants de la liberté noirs : Zumbi, né dans la ''république libre'' de Palmares en 1655. (Marilene Felinto)
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://www1.folha.uol.com.br/fol/brasil500/zumbi_3.htm
1. José Antônio Gonsalves de Mello, ''A Situação do Negro Sob o Domínio Holandês'', in ''Novos Estudos Afro-Brasileiros'', Rio, 1937; e ''Atitude dos Holandeses Para Com os Negros e a Escravidão'', in ''Tempo dos Flamengos'', Fundação Joaquim Nabuco/Ed. Massangana, Recife
2. Hannedea van Nederveen Meerkerk, '' Recife
