30 juin 2006

Les Afro boliviens n’augmentent pas à cause de l'amour et de la fatalité

La communauté afrobolivienne souhaite réaffirmer son identité dans le pays, même si elle ne peut ignorer l’avancée du métissage. Un travail de plusieurs années lui a permis d’obtenir la reconnaissance et d’éviter qu’on appelle ses membres des nègres. Les afrodescendants boliviens souhaitent préserver leur culture.

 

 

Quand on tombe amoureux d’une personne de culture différente, on ne peut rien faire contre cela, c’est simplement que l’amour est là ”. C’est ainsi que  Marfa Inofuentes une des leaders du Mouvement Afrobolivien a débuté son commentaire.

 

 

 

 

 

 

 

La communauté afro descendante est très inquiète , car entre décembre 2004 et le jeudi 24 septembre dernier, il y a eu jusqu’à 13 décès (en son sein), de personnes presque tous parentes des membres du Mouvement Afrobolivien.

 

Pour Jorge Medina, leader des hommes, la mort n’est qu’un adieu “virtuel”, puisque le corps est enterré et l’esprit reste roder pour protéger ceux qu’il a laissés. La communauté reçoit l’esprit, par le biais du  Mauchi, une cérémonie spéciale durant laquelle des strophes sont chantées en langue africaine. Les célibataires et les enfants n’ont pas le droit d’entonner les chants, car ce sont encore de petits anges”.

 

Au cours d’une rencontre de jeunes afrodescendants dans les Yungas est ressorti au grand jour un thème de grand débat, comme l’indique Marfa Inofuentes.

 

Une préoccupation a fait jour : le fait que nous sommes en train de disparaître, je ne sais pas pourquoi nous les femmes nous n’aimons pas les hommes noirs et eux n’aiment pas les femmes noires, si nous ne nous entendons pas mieux entre hommes et femmes afro descendantes, au bout du compte notre population va disparaître en quelques années ; mais il peut  encore y avoir un processus de conscientisation, surtout avec les jeunes ”, commente-t-elle. 

 

Pour l’historien Fernando Cajías le métissage ne doit pas faire craindre la disparition.

 

 

 

 

Il s’agit d’un métissage dans lequel la culture forte est toujours celle afrodescendante, et non l’autre. C’est à dire que  les enfants des afrodescendants continuent de danser la saya, ils s’imposent. L’origine ne se limite pas à la couleur de la peau, c’est aussi un sentiment”, affirme-t-il en rappelant une sagesse colombienne qui dit que la culture afro est propre aux gens de peau chocolat, mais aussi à ceux qui ont un cœur en chocolat. “Je me considère comme quelqu’un ayant un tel cœur”.

 

En 1997, un dénombrement a été effectué sur plus de 90% du territoire national par la Banque Interaméricaine de Développement (Banco Interamericano de Desarrollo, BID). Il a révélé l’existence de 20.000 afro boliviens.

 

Nous pensons que nous sommes environ 32 000”, indique Marfa qui se plaint que le dernier recensement ne les ait pas pris en compte. L’Institut National de Statistique a pris un engagement envers ce groupe qui réclame une place. En 2006, un recensement spécifique sur sa population sera effectué.

 

La race afro descendante est dispersée dans tout le pays, mais la majeure partie d’entre eux est concentrée dans la région des Yungas, principalement à Chicaloma, Coripata et Tocaña.

 

Nous avons dans la communauté plus de jeunes, plus d’enfants et d’adultes. Nos anciens sont nos bibliothèques, mais il n’en reste désormais que très peu”, raconte le leader, qui jusqu’à ses 18 ans ignorait la puissance des rythmes cadencés de la saya qu’il a hérité de ses ancêtres.

 

 

 

 

Peut-être que nous ne nous serions jamais unis si ce n’était pas par le biais de la musique. C’est comme ça que nous avons pu arriver où nous sommes, notre langage c’est la musique”.

 

Malgré la musique, dans la région des Yungas, avant la mise sur pied du Mouvement Afrobolivien, il existait entre eux-mêmes une certaine distance et un rejet. “Ceux du nord ne supportaient pas ceux du sud, mais par le fait de danser la saya et de sauvegarder par l’oralité des anciens, les tenues vestimentairs, les mouvements et le sens que tout cela revêt, nous nous sommes rendus compte que nous devions être unis ”, souligne-t-elle. 

 

Elle indique que le seul langage entre eux et les autres c’est la musique.

 

“Avec la musique nous nous exprimons, nous revendiquons, nous réclamons(...)”.

 

En 1994 eu lieu la première rencontre des afro descendants au pays. Aujourd’hui ils cherchent à gagner des places là ou ils sont reconnus, au delà du football et de la saya afro bolivienne. 

 

Personnalités Afrodescendantes

Même si dans l’histoire officielle il n y a aucun héros afrodescendant, l’historien  Fernando Cajías affirme que le mulâtre Franciscote a brillé par son courage durant le processus d’indépendance de la Bolivie. Durant le XXème, personne de cette race ne se distingue, mais au sein des populations Yungas, on fait référence à Pedro Andaverez de Chicalomo qui aurait sauvé la vie de l’ancien maire, le général  Armando Escóbar Uría.

 

 

Même si elle ne gravite pas sur la vie du pays, on peut citer la famille Pinedo. Des rêves de liberté et de reconnaissance sociale ont germé au sein d’elle. Comme élément de la tradition africaine a surgi le roi Bonifacio Pinedo, dont Julio Pinedo a hérité du trône. Son fils lui sucédera. Le catéchiste de Tocaña Luis Inofuentes se distingue également. Les footballeurs comme les frères Iriondo, ainsi que Castillo, Natalio Flores ou encore Demetrio Angola ont quand à eux obtenu une reconnaissance au niveau national.

 

Les afro descendants réclament de plus la paternité du Yungueñito(1). Ils décrivent le long processus par lequel l’alcool, la cannelle et la sultanine deviennent élixir.

 

L'historien Fernando Cajías distingue quatre périodes dans l'histoire de la race afro bolivienne. L'arrivée dans la Colonie, jusqu'à la Guerre d'Indépendance, durant laquelle la figure du caudillo mulâtre Franciscote se distingue.

 

La seconde étape, avec Bolivar qui avec la Constitution Politique de 1825 établit la liberté des esclaves, cependant cette liberté tarde à se matérialiser, et 20 ans après le discours, le gouvernement Manuel Isidoro Belzu instaure la liberté (effective) des esclaves.

 

“À partir de ce moment, la population noire se déplace dans les  Yungas et change de condition (sociale), en passant du statut d’esclave à celui d’ouvrier (agricole)”, indique  Cajías.

 

L’avènement de la Réforme Agraire a transformé les afroboliviens en propriétaires de petites propriétés de particulièrement de plantations de coca.

 

Pour Cajías, l'étape actuelle correspond à la quatrième période, marqué par la diaspora, la migration dans les villes  à la recherche du travail et de l'éducation.

 

La plus grande caractéristique de cette période c’est l’émergence de la prise de conscience de la culture afro. Le Mouvement permet une auto affirmation de sa race”.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.la-razon.com/Versiones/20051002_005317/nota_250_208240.htm 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Danseuses de Saya

 

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Procession religieuse lors de

 

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Danseurs de Saya bolivienne

 

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du Mouvement Afrobolivien

 

Marfa Inofuentes et Jorge Medina

 

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l'inauguration d'un Centre Culturel Afro

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24 juin 2006

L’histoire des Garinagu, afrodescendants d'Amérique Centrale

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Village Garifuna

Les Garinagu sont des personnes ayant une histoire, une tradition, une culture et des coutumes qui leur sont propres. La communauté des Garinagu s’étend du Nicaragua jusqu’à Belize sur la côte atlantique.


La majorité des Garinagu, plus de 90000 personnes, réside au Honduras dans 43 communautés. On en retrouve également aux Etats-Unis dans les villes comme Los Angeles, Boston, New York, New Orléans, Miami et Philadelphia.

L’Histoire commence en 1655 avec le naufrage de deux bateaux anglais chargés d’esclaves près de l’île de Saint Vincent. Les esclaves africains nagent jusqu’à la côte de Saint Vincent où ils retrouvent leur liberté.

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Jeunes Garinagu

Ces Africains se mélangeront avec les Arawaks ou Caribéens, et de ces deux races surgira une nouvelle population de noirs caribéens que l’on connait aujourd’hui sous le nom de Garifuna.

Cent ans après leur arrivée à Saint Vincent, la population Garifuna était très nombreuse et prospère. Les hommes se consacraient à la pêche et à la chasse. Ils voyageaient également dans les îles voisines pour faire du troc, échangeant du tabac et des paniers contre des armes et d’autres produits Européens. Les femmes s’occupaient des travaux de la maison et de l’agriculture.

Plus tard, les colonisateurs Français arrivèrent et prirent possession d’une partie de l’île. 

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Groupe culturel

Les anglais qui continuaient leur colonisation arrivèrent à Saint Vincent dans les années 1760.Ils souhaitaient s'approprier les terres fertiles des Garinagu. Les anglais voulaient utiliser ses terres pour cultiver la canne à sucre, et lorsque les Garinagu s’y opposèrent, ils leur déclarèrent la guerre.

Ce désir de prendre possession des terres par la force provoqua un conflit qui dura plus de 30 ans. Les Français luttèrent aux côtés des Garinagu pour protéger leurs terres.

En 1775, les anglais décidèrent de s’emparer de l’île entière, y compris le territoire occupé par les Français. Les Français capitulèrent finalement en 1796, mais les Garinagu et les Arawaks Caribéens continuèrent la lutte. La stratégie des Anlgais consistait à incendier les maisons, les canoë  et les cultures. Les Garinagu, malades et affamés durent finalement se rendre. 

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Andy Palacio, Musicien Garifuna à la renommée internationale



En 1796, les Garinagus furent délogés de l’île de Saint Vincent, puis s’installèrent sur l’île de Roatan au Honduras. Un grand nombre de Garinagu toucha la terre ferme Hondurienne. Le 12 avril 1797, plus de 4000 Garinagu, hommes, femmes et enfants compris, arrivèrent à Trujillo.

Traduit de l'Espganol par Guy Everard Mbarga

http://www.nalagan.com/Hgarifuna.html

Complément d'informations

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23 juin 2006

Afrodescendants du Panama et discrimination raciale

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Los afropanaméens participent peu aux charges publiques

Il raconte cette histoire avec la voix de ceux qui gardent vivants ces moments presque occultes de l’arrivée de Jorge Illueca à la présidence du Panama. Certains doutaient alors de la réception positive qui allait lui être  réservée, tandis que d’autres plaidaient qu’il fallait se " résigner à avoir un président noir".

Il a passé huit mois au pouvoir, et malgré les commentaires qui circulaient à l’époque, il ne se rappelle pas avoir été discriminé, car disait-il alors à El Panamá América : "Je n’ai pas de complexes".

Cependant, Rubén Darío Paredes, général à la retraite des anciennes Forces de Défense n’oublie pas ses phrases et leur donne plus d’importance en qualifiant la discrimination raciale de "tendance silencieuse" de laquelle n’échappe pas le gouvernement actuel, car parmi ceux qui occupent les charges publiques, on ne voit presque pas des "gens à la peau brune".

L’avocat Melvin Brown ne se souvient pas  qu’un jour Illueca se soit clairement identifié en tant que noir. Cependant, si on parle des présidents afro panaméens comme Illueca, on peut dire “qu’au Panama, tous l’ont été" d’un point de vue ethnique.

Sa thèse s’appuie sur les études scientifiques et anthropologiques comme celles réalisées par le National Geographic qui indique que "l’Humanité est née en Afrique ".

Ce qui, reconnait-il a constitué une révolution dans la conception de la race et de l’ethnie. Pourquoi ? Simplement car cela voudrait dire, selon Brown, que "tous les êtres humains ont des racines africaines" du moment qu’on ne prend pas en compte la spécificité ethnique.

L’Ambiguité de l’égalité


Les afro panaméens représentent plus de la moitié de la population panaméenne, mais la pauvreté et la marginalisation continuent de coller spécifiquement à leur peau. Les quartiers populaires et la dure réalité économique dans les régions traditionnellement pauvres des provinces comme celle de Colon, Darien et Panamá relatent l’histoire d’une ethnie noire qui a dit adieu à l’esclavage pour ouvrir la voie aux stéréotypes raciaux de cette époque.

Par conséquent, selon certaines des personnes consultées par El Panamá América,  l’égalité s’est cette fois  avérée contreproductive. Le sociologue Gerardo Maloney et le Rapport National du Développement Humain (INDH) Panama 2002 abondent clairement dans le même sens.

Et de fait, selon les deux sources, étant donné que les afro panaméens ne sont liés directement à aucun secteur spécifique dans les plans et les programmes de développement, il est peu probable qu’il y ait une avancée significative en matière sociale.

Les noirs célèbres au Panama sont

En d’autres termes, la délinquance, la mendicité, la faible estime de soi et la discrimination ont encore de beaux jours devant eux. Selon Maloney, ce concept, qui dans la Constitution Nationale promulgue l’égalité de tous les panaméens quelque soit leur "race, religion, classe sociale ou idées politiques" n’est qu’une "entrave".

Grâce à cette généralité, "la population noire du Panama reste fragmentée en ce qui concerne les intérêts des partis politiques ". C’est l’organisation qui fait défaut ici, et dans ce cadre, il reconnait avec humilité : "les indiens ont été plus responsables que nous".

Les noirs participent peu à la prise de décisions dans les secteurs publics et privés. Le Rapport National du Développement Humain ne présente pas de chiffres concrets,  ni les raisons expliquant cet isolement, mais Maloney pense qu’il n’existe aucune expression réelle de la force de leur représentation.

Pour les prochaines élections, les choses doivent changer, assure Maloney. Cette fois, les noirs souhaitent constituer plus qu’une "clientèle politique" comme ça a toujours été le cas jusqu’à présent. Ils ont donc préparé une "Plateforme Politique des Afro panaméens" et les candidats à la présidence en ont déjà entendu parler.

Le document leur a été présenté en novembre de l’année dernière, avec pour objectif que soient effectives les politiques publiques ayant pour cible la population noire, car "il est surprenant qu’au Panama qui est un creuset racial, il n y ait aucun ministre noir, que les prisons soient remplies de noirs, que dans les stéréotypes, les délinquants aient la peau noire, cependant les cols blancs ce n’est pas nous".

UN DOCUMENT POLITIQUE DE VALEUR SOCIALE 

La Plateforme Politique des afro panaméens reflète le sentiment qu’ont ces populations face aux agissements des gouvernements qui se sont succédés tout au long de l’histoire en ce qui a trait aux politiques publiques.

Trois des quatre aspirants à la présidence de la République ont apposé leurs signatures sur le document qui leur a été présenté en novembre 2003. Guillermo Endara, de Solidaridad, fut le grand absent.

Malgré plus de 500 ans de présence et de contribution au développement national et à la "construction d’une société multiethnique et pluriculturelle", comme l’indique l’exposé des motifs, les afro panaméens continuent de représenter un des "pans de la société les plus touchés par le chômage, la pauvreté et d’autres maux sociaux ".

Le document souligne également que la politique d’exclusion, fondée sur des conceptions discriminatoires rend plus difficiles les possibilités pour cette frange de la société de voir sa situation changer.

En 17 points sont énumérés ce qu’ils appellent les "outils d’organisation et de planification des actions des afro panaméens dans l’ensemble du pays".

Ils demandent, entre autres choses d’être inclus dans tous les programmes, consultations et études socioéconomiques réalisés au Panama,  au même niveau d’importance que les autres groupes humains.

De même, ils demandent que les accords et conventions internationales que l’État a souscris ou auxquels il a adhéré - au niveau mondial ou régional - incluent des droits et des garanties pour la population afro panaméenne, et qu’ils bénéficient à celle-ci de façon directe ou indirecte.

Ils exigent également que des représentants afro panaméens soient inclus lors des tables rondes de dialogues nationaux et régionaux. D’autre part, ils demandent à être représentés dans le Conseil constitutionnel pour que dans la nouvelle Constitution soit inclut, dans l’esprit de la loi tout ce qu’il faut pour éliminer la discrimination, et que soit garanti un régime d’égalité réelle.

Un peu d’Histoire


Au milieu de XIXème siècle, des milliers de travailleurs afro-antillais, principalement des jamaïcains débarquèrent à l’Isthme de Panama pour participer à la réalisation des travaux d’infrastructures du Chemin de fer Transocéanique et du Canal Français.

Plus tard au cours du XXème siècle, plus de 60% de la force de travail arrive dans l’’Isthme en provenance de la Barbade, de Trinidad, de la Guyane, de Saint Kitts, Sainte Lucie, Martinique, Grenade, Curaçao, Guadeloupe, et Saint Vincent, et participe à la construction de l’actuel Canal de Panama, selon ce qu’indique le document Plateforme Politique des Afro panaméens auquel a eu accès El Panamá América.

Le professeur Gerardo Maloney soutient que les premières générations des antillais qui sont arrivés dans l’Isthme n’ont pas été intégré à la société.

La preuve la plus indiscutable dit-il, c’est la Constitution de 1941 qui parlait de "race de migration interdite "et dans laquelle on retrouvait des spécifications concrètes au sujet de "l’antillais et en outre légitimait les actions d’appropriations de biens de ces populations et ceux des chinois".

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.elpanamaamerica.com.pa/archive/02052004/ustedt_slim.html

Publié le 5 février 2004

Peau noire au Panama

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soient Sportifs (boxeurs...) soit musiciens...

la Salsa -

CAMILIO AZUQUITA , maître panaméen de

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Carte du Panama

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L'histoire extraodinaire des "quilombos" du Surinam (deuxième partie)

Première partie

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Exécutés dans des genres musicaux Saramacca variés, on peut trouver des paroles de chansons qui préservent la mémoire précise des prouesses de leur héros fondateurs et en même temps, racontent l’aide apportée par leurs esprits protecteurs pour qu’ils obtiennent la liberté. 

Voici un chant sacré, de circulation restreinte et entonné en langue ésotérique apuku (terme qui provient probablement de l’expression quimbundo Ampungu, un des noms donné au grand Dieu, Zambi Ampungu, également connu au Brésil), en souvenir d’Avako (Ayako): 

Luhéim o banángoma hési é

Lukéin o banángoma hési é 

Kwasímukámba tjai Kimámba 

Lukéin était le terme utilisé pour (désigner) le dieu protecteur de Sêei, qui l’avait aidé à se diriger vers Ayakô; banángoma est le terme apuku pour désigner une personne de peau noire (le mot commun utilisé par les saramacá est nengé); et kibámba est le terme apuku pour les blancs ou les étrangers, c’est-à-dire quiconque n’est pas Saramaca (le terme ordinaire est bakáa); et hési vient de l’anglais haste, vite. Quant à Kwasímukámba, ou simplement Kwasí, il fut le traitre le plus fameux de l’histoire saramacá; noir africain, il travaillait pour les blancs et fut responsable de la destruction d’un certains nombres de  quilombolas; le texte relate un épisode, qui se produisit lors de l’une de ses multiples infiltrations dans le refuge saramacá, avec pour objectif d’assassiner Ayakô, fondateur de la nation. Voici une traduction approximative de ce récit : 

Vite, noir Ayako, vite! 

Kwasímukámba amène les  blancs,

Kwasimukamba arrive avec les hommes blancs. 

On retrouve également ce mot kibamba, d’origine quimbundo, dans des textes rituels  afro-brésiliens, sous la forme quibamba, signifiant également l’homme blanc esclavagiste. C’est sous cette forme qu’on le retrouve dans le chant suivant, qui a une fonction rituelle cathartique, des Congos de Pombal, à Paraíba, comme l’a noté Roberto Benjamin (1977): 

Quibamba virou

mandou me chamar 

Eu mandei dizer

que não ia lá

Qui tava rufando com meu maracá

Les saramacas conservent encore des chants entonnés pour la première fois en 1762, à Sentéa, lorsqu’ils commémorèrent la fin des luttes et la paix obtenue. Voici comment le vieux Tebini, une des grandes mémoires vivantes de son peuple, décrit les évènements tels qu’ils se sont déroulés lors de la signature du Traité de paix: "Quand nous sommes arrivés au terme de la rencontre avec les blancs, hé bien, nous avons finalement dit Oui. Après qu’on ait dit oui, tous ceux qui étaient présents ont battus des palmes, solennellement et ensemble, bolobolo, puis, le silence s’est imposé [un signe d’action de grâce ou de prière]. Là on a chanté:

Kibénde Kibénde o

-Tjimbati kóa –

Anabéensu o"

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Art des Marrons de la région Surrinam- Guyane

Tebini explique ici le sens général de la chanson. Tjimba était l’apuku (esprit de la forêt) qui a aidé le clan Matjau durant les batailles contre les blancs. Alors:"

Le coeur de Tjimba est froid (reposé);

La guerre est terminée. 

Le bonheur reviendra;

Le sang des hommes ne doit plus couler."

Au cas où l’introduction dans ce contexte d’un chant des Congadas(2) du Brésil paraitrait forcée pour certains, il faut préciser que la connexion culturelle entre les saramacas et les brésiliens doit remonter premièrement à l’Afrique d’où ils furent vendus comme esclaves (surtout parmi les peuples bantous) et conduits au Brésil et en Guyane hollandaise.  Au delà de cette relation plus évidente et générale, il est probable qu’une partie des brésiliens (particulièrement les bahianais) soit parente des Saramacás.

En fait, les plus de deux cents juifs portugais qui se sont exilés au Surinam au XVIIème siècle (auxquels appartenaient les plantations desquelles les noirs qui fondèrent la nation Saramaca s’étaient enfuis), emportèrent avec eux tous leurs biens, ce qui veut dire en d’autres mots qu’ils doivent avoir également amené avec eux certains de leurs esclaves, lesquels pourraient avoir dû laisser une partie de leurs parents au Brésil. Cela s'est produit en 1660, à une époque où les deux pays connaissaient un peuplement faible.

Ainsi, la connexion linguistique (et symbolique, évidemment, puisque la symbolique de l’homme blanc est centrale dans la majorité des formes culturelles traditionnelles afro-américaines) n’est que l' infime élément, le plus concret de la forte probabilité que de nombreux brésiliens et saramacas d’aujourd’hui ont des descendants communs.

Fleuve Maroni 

Durant les années soixante du présent siècle, les  Saramaca ont connu leur plus grande crise politique et sociale depuis les difficiles temps des guerres de libération, lorsqu’ils ont dû survivre cachés au milieu de la forêt et inventer avec difficulté des schémas d’adaptations à cet écosystème inconnu et en comptant sur une aide peu importante des indiens. 

Au nom d’une notion purement économiste et capitaliste de modernisation et de développement, le gouvernement colonial a envahi la moitié du territoire traditionnel saramacá en construisant un barrage pour fournir de l’électricité moins chère à l’entreprise d’exploitation minière Alcoa. Des dizaines de villages et de monuments historiques, conservés depuis la formation même de la Nation au XVIIème siècle ont alors été recouvertes par les eaux. Six milles personnes furent forcées d’abandonner leurs maisons et les changer pour des villas construites par le gouvernement pour leur relogement.

Pour que l’on ait une idée du degré d’isolement, et du niveau radical d’altérité conséquent atteint par les noirs de la jungle Surinamaise, voici un évènement qui s’est produit durant mon séjour dans la région lointaine de Langu, au-delà des grandes cacaoyères du Fleuve Surinam où sont probablement localisées les communautés noires les plus éloignées de tout le Nouveau Monde.

Alors que nous étions à environ deux kilomètres de la première communauté de la région, ma collègue Terry Agerkop et moi avons rencontré de petites pirogues qui venaient nous recevoir et dans lesquelles se trouvaient  quelques gamins. Lorsqu’ils nous aperçurent, ils entrèrent dans une panique totale, en criant désespérément et en demandant à  leurs parents de s’éloigner de notre barque.

En fait, le diable leur est décrit sous la forme d’un homme blanc – la punition commune que l’on donne aux gamins qui se comportent mal est la menace de les livrer à un homme blanc. Et nous étions certainement les premiers hommes de cette couleur qu’ils voyaient dans leur vie, puisque cela faisait dix ans qu’ils avaient reçu la dernière visite d’un homme blanc dans cette région éloignée de notre continent.

Aujourd’hui, Langu est peut-être toujours autant ou même plus isolé qu’il y a quinze ans à cause d’une série de crises institutionnelles, politiques et économiques qui a secoué l’État Surinamais au cours de la dernière décennie, qui a également affecté les noirs de la jungle. Un mouvement de guérilla mené par le djuka Roni Brunswijk à la fin des années 80 obligea quelques milliers de saramacas, djukas, mattawais, et d’autres à trouver refuge en Guyane française voisine. 

D’aucune manière le Nouveau Monde n’a connu quelque chose de pareil à la saga des noirs du Surinam, en termes de conquête de liberté et de reconstruction d’une dignité sur des bases qui leur appartenaient totalement.

Congada : Danse par laquelle on met en scène le couronnement d'un roi du Congo.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://hemi.nyu.edu/course-rio/perfconq04/materials/text/carvalho.html 

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18 juin 2006

Afrodescendants brésiliens et l’Afrique : les liens du passé et de l’avenir

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La deuxième Rencontre afro-goianaise, heureuse initiative du SEBRAE qui cherche à sauvegarder la richesse humaine des cultures afro descendantes, s’est tenue dans la Ville de Goiás. La rencontre a compté plus de 1000 participants venus de nombreuses municipalités de l’État ainsi que des autres États Brésiliens.

Chacune des personnes qui a parcouru ces lieux ces jours-ci a senti à Serra Dourada les parfums savoureux de la Mère Afrique. 

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La solidarité avec l’Afrique pourrait être le thème international le plus important de cette semaine. Lors de son Assemblée générale, l’ONU a consacré la date du 25 mai  comme "Journée de la libération de l’Afrique". Son secrétaire général est un africain, et sait que si l’on ne traite pas l’Afrique de manière plus juste, la vague de migrations forcées par les guerres et par la famine continuera, et ceci, sans l’indispensable organisation de l’accueil qu’exige ce problème.   La mésentente entre les cultures ne fait que tendre à empirer et aucun pays au monde n’aura la paix.

Le Brésil a une dette historique et culturelle envers les peuples africains, avec lesquels il partage une grande partie de ses goûts, de ses rythmes musicaux, de ces mets et façons d’être.

47 % de la population brésilienne est constituée d’afro descendants. Pour cette raison, rétablir des relations plus solidaires avec la Mère Afrique pour chacun de nous revient à faire le lien avec nos racines, tout en sauvegardant notre histoire.

Il ya quelques décennies, des gens sont partis de Bahia, de Minas et de Maranhão et, au lieu de parcourir l’ "Amérique", comme le suggère la novela global, se sont rendus en Afrique.  Beaucoup parmi eux y sont allés pour retrouver leurs racines et des parents. Certains resteront vivre au Nigéria ou au Bénin.

Le président Lula est le premier homme d’État brésilien à privilégier la relation avec les nations africaines. À ce jour, il a déjà visité plus de pays du continent que tous ses prédécesseurs réunis.

Plutôt que de privilégier les intérêts financiers du pays comme motif principal des relations internationales, il visite également, et fréquemment, des pays plus pauvres que le Brésil. Il est en train de construire entre l’Amérique Latine et l’Afrique un réseau de solidarité qui peut se réaliser au sein de l’ONU ou d’autres organisations internationales en tant que force morale et politique importante.

De plus l’Afrique est le troisième continent au monde. D’après les recherches les plus récentes, la vie humaine est apparue dans le continent noir. On y a trouvé des vestiges de la présence humaine qui remontent à plus d’un million d’années. Certaines cultures et religions africaines, dont les traditions ont généré les cultes afro-brésiliens, sont nées il y a cinq mille ans et guident la vie de nombreuses personnes et communautés jusqu'à ce jour.

Pourtant, malgré toute cette richesse historique et culturelle, l'Afrique reste victime d'une relation internationale inique.

La situation du continent est tragique. Au Soudan, on estime que seulement en 2004, la guerre à fait plus de 5 0000 morts et 1,6 millions de réfugiés et d’exilés  (Cf. Nigrizia, janvier 2005, p. 8). L’hostilité entre hutus et tutsis qui a provoqué la mort de plus de 2 millions de personnes au Rwanda  (1994), se poursuit aux frontières du Congo, de l’Angola et du Rwanda. Au courant de l’année  2005, dix pays africains ont eu des élections présidentielles et neuf élections parlementaires, mais la démocratie est encore presqu’inexistante. Les conflits armés et les guerres déclarées ravagent le continent. Dans la plupart des pays, l’eau est un bien rare, la famine ravage des régions entières et le Sida menace la vie de millions de personnes, dont de nombreux enfants. 

Cela n’arrive pas parce l’Afrique est pauvre. Au contraire. L’Afrique possède des richesses naturelles qui enchantent les touristes, et des ressources minérales comme le pétrole  et des pierres précieuses. Ses habitants sont intelligents, créatifs et travailleurs. Malgré l’adversité du climat et la pauvreté des sols à certains endroits, les africains y ont bien vécu durant des milliers d’années jusqu’à l’arrivée de l‘homme blanc.

Les colonisateurs prirent le pouvoir et les terres de l’Afrique, volant tout ce qu’ils pouvaient. Durant des siècles, ils ont utilisé les africains pour les faire travailler gratuitement, et se sont appropriés  leurs mines et leur richesse.

En trois siècles, l’Afrique  a perdu 60 millions d’habitants à cause du commerce des esclaves. Parmi eux, seuls 15 millions sont arrivés vivants à destination. Dans le même temps, en Afrique même, les européens s’appropriaient de tout et dominaient les populations survivantes.

À partir des années 50, les pays africains commencèrent à obtenir l’indépendance politique. Entre temps, les colonisateurs imposèrent des frontières artificielles qui donnèrent naissance aux nouveaux pays. Ils séparèrent des groupes humains appartenant aux mêmes tribus, avec des dialectes et des coutumes communes, et maintenaient l’hégémonie européenne à travers une législation imposée aux nouveaux pays.

Cela généra un processus de ségrégation raciale violent dans lequel l’africain est considéré comme inférieur dans sa propre patrie.  Et comme conséquences, on a des guerres, des massacres, des génocides entre les africains eux-mêmes.  De plus, la structure sociale est injuste : au Zimbabwe par exemple, 2% de la population blanche possède la presque totalité des terres et l’économie. 

Libérer l’Afrique, c’est contribuer à un monde plus juste et plus humain, et cela exige de nous que nous détruisions les distancces mentales et culturelles.

Jusqu'à aujourd'hui, il est plus difficile de rencontrer des brésiliens qui connaissent le nom des fleuves français, des places de Londres et des villes italiennes que celui d’un pays ou d’une ville d’Afrique quelconque.

Peu de brésiliens savent que Yaoundé, capitale de la République du Cameroun ressemble beaucoup à nos villes de l’intérieur du nordeste. La majorité d’entre eux n’a jamais entendu parler d’Abidjan, ville qui fait face à Recife de l’autre côté de l’Océan, plus ou moins à la même latitude, avec le même climat et de nombreux problèmes similaires.

Mais les habitants de Pernabucano  ont été habitués à entendre que Recife est la "Venise brésilienne". L’Europe, blanche et riche est toujours la référence. Qui au Brésil sait où se trouve le Darfour, khartoum ou  Dar es Salaam?

L’urgence dans ce cadre n’est pas seulement d’apprendre la géographie, mais de découvrir que nous avons beaucoup de choses en commun, et que si nous sommes unis, il sera plus facile  pour nous de vaincre la pauvreté extrême qui menace la vie de millions de personnes, et ensemble, de prendre soin de la planète Terre en tant que maison commune de tous les êtres humains. 

Une des forteresses dans lesquelles étaient emprisonnés les esclaves avant d’être embarqués pour le Brésil se trouve au Ghana. Sur le mur du fort, on retrouve une note écrite par les chefs ghanéens : "À la mémoire éternelle de l’angoisse de nos ancêtres. Que ceux qui mourront reposent en paix.  Que ceux qui reviendront retrouvent leurs racines. Que l’humanité plus jamais ne commette une injustice pareille contre elle-même. Nous les vivants, jurons de ne pas le faire ".

Face à un continent entier qui meurt dans le besoin, conséquence des atrocités commises dans le passé et de nos jours, il ne suffit pas de ne pas répéter le trafic. Il est nécessaire de prendre le problème par ses racines que sont le racisme et l’injustice sociale.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.adital.com.br/site/noticia.asp?lang=PT&cod=16852

Jolie bahianaise

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15 juin 2006

NOIR, MEXICAIN ET INVISIBLE

  Lula N'zinga Strickland

Les données historiques et statistiques concernant les mexicains Afrodescendants et vivant au Mexique ne sont pas répertoriées dans les registres des recensements qui ont eu lieu au cours de l’histoire. Il n’est pas fait mention des noirs mexicains, en tant que groupe homogène dans l’histoire mexicaine, au point à tel point que de nombreux mexicains disent que ceux-ci n’existent pas.

Les mexicains se définissent comme étant des indiens ou des métisses (un mélange européen et autochtone). Ou ceux qu’on appelle Latinos, et rien d’autre. Depuis que l’Espagne a colonisé le Mexique en 1500 et presque exterminé les autochtones indiens, certains osent dire que le Mexique est un pays espagnol.  Les noirs sont très rarement associés à l’histoire de cette terre. 

Cependant, 9% de sa population est Afro-Mexicaine, sur un total qui oscille autour de 90 millions d’habitants.De nos jours, les noirs habitent dans chaque coin de la planète et constituent la base de nombreuses civilisations, Mais pour quelles raisons ceux parmi eux qui sont nés au Mexique manquent-ils de considération, pourquoi sont-ils marginalisés et relégués à la quasi invisibilité ?

Dans une entrevue accordée par deux institutrices noires d’une école de Guerrero, au Mexique, celles-ci nous disent que l’histoire ne donne pas une image juste des noirs ; ils sont présentés comme des ivrognes, des bouffons et ils sont habituellement dénigrés pour la couleur de leur peau.

Et comble de malheur, ils se retrouvent au bas de l’échelle sociale comme l’indien. Les  deux éducatrices interviewés m’ont indiqué que de nombreux noirs rejettent leur descendance noire.

Que s’est-il passé? La réponse est souvent la même que pour les autres africains esclavisés, emmenés dans le Nouveau Monde et vendus aux enchères.  Il y a cependant une différence particulière au Mexique.

  Ted Vincent relate dans son œuvre "Afro-Mexico" que depuis la guerre d’indépendance faite à l’Espagne en 1800, un général non espagnol avait négocié le "plan des trois garanties."  (plan de trés garantías).

La première était la garantie de l’indépendance, et la deuxième et la troisième étaient la garantie de protection de l’église, de la position économique des nantis, et de l’équité sociale pour la majorité des noirs.

Plus tard, le premier Congrès du Mexique a transformé la clause d’équité en une clause de prohibition (interdiction), celle de mentionner la race ou les données historiques de l’église dans les documents officiels de l’État.   

Comme conséquence, le fait ethnique fut rayé des données historiques présentes et futures. Cette Loi importante reste en vigueur de nos jours.

 

Vicent indique qu’un recensement incluant les différents groupes ethniques n’a pas été effectué depuis 1930.

Les africains capturés et emmenés en Amérique en tant qu’esclaves sont arrivés au Mexique en 1500 avec les espagnols pour travailler avec les indiens, proches de l’extermination, en tant que constructeurs, esclaves dans les mines d’argent et les immenses plantations de canne à sucre.

Comme nous indique le renommé Vicent, 300 000 à 500 000 africains furent emmenés au Mexique durant cette époque, et plus tard, plus de 100,000 esclaves furent importés des Philippines, de Bornéo, de la Nouvelle Guinée, de Malaisie et de Chine.

Il en résulte une grande population non espagnole qui constitue désormais une part très importante de la société.

Certains noirs connaissent bien leur histoire. Elle importe peu pour d’autres. Certains racontent que leurs ancêtres sont arrivés sur ces côtes avec Hernán Cortes en 1519 ou avec les conquistadors espagnols en 1521.

La ville de Veracruz dans le Golfe du Mexique était le port d’entrée du commerce des esclaves durant le   XVIème siècle, et comme conséquence de ce vil trafic, de nombreux descendants africains se trouvent dispersés dans la région.

  En 1609, un militant du nom de Gaspar Yanga s’échappa des griffes l’esclavage et développa sa communauté de noirs marron dans les montagnes de VeraCruz.  Les habitants de la localité ont élevé une statue en son honneur et ont mis sur pied un "festival annuel de Yanga" pour rappeler  sa victoire dans la lutte pour la liberté de sa communauté.

    Un autre grand nombre d’Afro-Mexicains vit regroupé sur la Côte du Pacifique Mexicain dans des hameaux  construits il y a 300 ans. Sur la "Costa Chica",  dans des États tels que Guerrero et Morelos vivent également de nombreux afro descendants.

  Au cours des siècles, ils se sont mélangés avec les races indigènes (qui ont également été violemment discriminés) et ont formé de nombreuses nouvelles communautés.

Par conséquent, l’Africain et l’Indien sont désormais membres de la même famille, comme le sont tous ceux de la diaspora. 

De nombreux vestiges de la culture noire sont si forts qu’en plus de la couleur évidente de la peau pour certains et les traits de terre mère, l’écho de l’Afrique reste vivace dans la culture de l’Afro-Mexicain.   Plusieurs éducateurs ont décidé de mentionner l’histoire des noirs dans en les salles de classe dans les régions où le fait négroïde est présent comme Cuajinicuilapa, Guerrero.  On envisage la construction d’un centre culturel dédié à l’expérience Afro-Mexicaine.

Les mexicains Noirs sont identifiés sur la scène mondiale et leurs histoires sont promues sur toute la planète.  Des chercheurs et certaines organisations y contribuent.  Avec la pauvreté rampante, de plus en plus de noirs émigrent vers les États-Unis, même si beaucoup d’entre eux ont longtemps résidé en Californie.

Leur participation à la construction du Mexique a été supprimée des textes, leurs ancêtres africains ne sont pas mentionnés et leur culture unique a été promulgué exclusivement mexicaine par l’élite au pouvoir.

Leurs héros noirs tels que le président Vicente Guerrero au 19ième siècle (c’est lui qui aboli l’esclavage en 1829) n’est pas identifié comme tel dans l’histoire, ni dans les textes scolaires, le fameux "corrido" chanté par les muletiers noirs n’est pas identifié comme musique et danse orale traditionnelle africaine Les racines africaines de  La Dansa del Diablo, (La Danse du diable) ne sont pas mentionnées. Malheureusement, la liste des omissions est interminable.

Mais, à présent, certains noirs-mexicains se réveillent peu à peu, et réclament fièrement leur ethnicité africaine, tout comme leur héritage mexicain..

Pour la première fois de l’histoire, ceux qui se trouvent sur la côte du Pacifique se sont réunis en 1997 et 1998 pour participer à la conférence intitulée "La Convention des Peuples Noirs." En plus de discuter de leur héritage avec un professeur venu du Congo, ils évoquèrent également leur statut social et les problèmes qu’ils rencontrent dans le Mexique d’aujourd’hui.

Il ne faut pas non plus oublier que des historiens comme le Dr. Ivan Van Sertima raconte que des voyageurs africains sont arrivés au Mexique en tant que explorateurs durant l’antiquité et avaient noué des relations avec la population native des lieux comme par exemple les Olmèques.  Il met un accent particulier sur les fameuses têtes aux traits africains taillées dans la roche, découvertes dans la région de Veracruz.

Ainsi, les mexicains invisibles deviennent peu à peu visibles, malgré la repression de la culture dominante la répression de la culture dominante.

Malgré la négation de leur existence en tant que groupe autonome par le gouvernement et leur auto-négation, les Afro-Mexicains réclament peu à peu leur place dans l’histoire du Monde.  Comme d’autres africains de la diaspora, ceux du Mexique ont déclenché le mouvement vers la reconnaissance et le respect dans leur pays natal.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.etnianegrapanama.org/comentarios.html

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Petits Afro-mexicains

Têtes Olmèques aux traits africains

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Belle maman Afromexicaine

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L'histoire extraodinaire des "quilombos" du Surinam (première partie)

De José Jorge de Carvalho

SURINAM 

L’expérience la plus extraordinaire de quilombos dans le Nouveau Monde s’est produite, sans aucun doute au Surinam. Dans ce pays, les noirs ont réussis à fuir massivement des plantations au cours des premières décennies du XVIIème siècle.

Après plus de cent ans de  guerres acharnées contre les armées esclavagistes, ils réussirent finalement à signer divers accords et traités de paix avec l’État hollandais et à disposer définitivement du vaste territoire de jungle qu’ils avaient conquis par la sueur et le sang de leur résistance.

Ils constituèrent alors six nations au nord de l’Amérique du Sud,  résultat de plus d’un siècle d’adaptation forcée à la forêt tropicale, et dont le style de vie était directement calqué sur celui des sociétés d’Afrique Occidentale.

Ces nations vivent comme des états semi-autonomes au sein de l’État surinamais, chacune d’elle ayant son propre roi - Saramaca, Djuka, Paramaka, Matawai, Aluku et Kwinti – et connaissent un régime d’indépendance relative par rapport à l’ex-colonie hollandaise, vivant du  commerce et de l’exploitation des ressources naturelles de la forêt tropicale.

En tant que sociétés d’hommes et de femmes extrêmement fiers de leurs ancêtres -qui leur ont transmis la paix de la liberté-  leur vision historique de la civilisation est évidemment différente de celle des noires du Nouveau Monde qui dépendaient de l’État blanc (comme ce fut le cas du Brésil avec la Princesse Isabel) pour sortir de leur condition d’esclaves.

 

La gloire et le drame des  "noirs de la  jungle", comme les appellent les habitants de la côte et des plantations, sont typiques de ceux qui se sont produits dans d’autres pays. En même temsps qu'ils signaient leurs traités de paix, ils s’engagèrent à ne plus interférer avec l’ordre esclavagiste: les propriétaires des plantations d’où ils s’étaient enfuis continuèrent ,comme auparavant, à exploiter les noirs qui ne s’étaient pas échappés, et ces derniers durent continuer à souffrir les cruautés de l’esclavage durant près d’un siècle supplémentaire, sans l’aide des noirs libres, désormais organisés en nations et maîtres  - du moins en principe - de leur destin, tant individuel que collectif. 

Ce que jusqu’à présent très peu de gens savent au Brésil c’est qu’il existe des liens lointains entre nos quilombos et l’un des royaumes noirs de la forêt Surinamaise.

Les saramacas descendent de quilombolas des fugitifs de plantations qui appartenaient à de riches familles de fermiers portugais de Bahia, d’origine juive, lesquels immigrèrent dans ce qui était alors la colonie de la Guyane hollandaise, dans la décennie 1660, fuyant l’inquisition  bahianaise.

Environ 200 juifs sépharades s’installèrent dans la savane Surinamaise, et en1680, ils étaient déjà propriétaires d’un tiers des plantations de la colonie, le long du Fleuve Surinam, jouissant de privilèges spéciaux et  disposant de leurs propres institutions religieuses,  juridiques, éducatives et même militaires. Certains esclaves noirs de ces plantations portaient les noms de leurs maîtres juifs-portugais-bahianais tels qu’Immanuel Machado, Manuel Pereyra, Mosés Nunes Henríquez, etc. Les esclaves apprirent alors dans ces plantations un grand nombre de mots du vocabulaire portugais qui entrèrent dans le lexique de base de ce qui devint la langue Saramaca à partir du milieu du XVIIIème siècle.

J’ai eu le privilège de vivre avec les Saramacas durant un mois en 1979, et j’ai rencontré leur roi, Gaanman Aboikôni, qui avait déjà à cette époque plus de quatre-vingt-dix ans (il est mort à cent trois ans), héritier du trône du clan  Matjau, justement formé par les esclaves fugitifs de la plantation de Immanuel Machado (d’où le nom du clan). 

Le cas surinamais est certainement le plus notable de tous, car là-bas se sont constitués des sociétés entières, à partir d’une expérience de vie dans les  quilombos, et non pas uniquement des communautés isolées et intégrées ou entourées par les autres groupes assimilés à la société nationale. Les saramacas, les djukas et les autres nations sont complètement identifiables par leur langue propre, leur organisation politique, leurs systèmes de parenté, leurs styles artistiques, leur religion, leur économie.

Enfin, il s’agit de groupes humains qui ne se confondent en rien avec ceux qu’on appelle les noirs des plantations, ou les créoles de la capitale Paramaribo. Les nations libres de la forêt Surinamaise représentent aussi les quilombos les plus nombreux de toute l’Amérique, comptant jusqu'à au moins cent mille membres au sein des six nations. Un chiffre de loin supérieur à celui des descendants des quilombolas de Jamaïque (lesquels n’atteignent pas cinq mille personnes) et de la Colombie (également quelque millier). 

Il est difficile de faire la comparaison avec le Brésil, car nous ne disposons pas des mêmes critères de définition de ceux qui sont les descendants des habitants des quilombos pour des raisons qui seront évoquées au cours de ce livre. Une de nos difficultés principales est justement celle du profil géographique éparse des communautés et la difficulté qui en découle d’élaborer une étude démographique consistante et exhaustive. 

Les saramacas possèdent une mémoire historique absolument précise de l’origine ethnique, des fuites des plantations, des escarmouches avec leurs poursuivants, des déplacements géographiques initiaux et des processus de consolidation de leurs communautés dès 1685 – années de la fuite de ses principaux héros fondateurs – jusqu’à ce jour ; des mécanismes particuliers de rétention, de survie, de syncrétisme, de réinterprétation  entre autres concepts que l’on considère obsolètes de nos jours, mais qui évoquent  encore, avec une certaine précision, des faits culturels que l’on retrouve chez les communautés noires haïtienne, jamaïcaine, cubaine ou brésilienne.

Table Saramaca

Concernant les noirs surinamais, il s’agit d’une véritable reconstruction intégrale des sociétés africaines dans les Amériques. Reste à rappeler que jusqu’à présent, à peine  20% des saramacas professent la foi chrétienne, une proportion qui est même différente de celle des pays de la côte occidentale de l’Afrique, d’où venaient leurs ancêtres, aujourd’hui hautement christianisés et islamisés. 

La haute densité historique et culturelle de cette expérience de quilombo très réussie inspire actuellement une série d’études d'académiciens renommés surtout du point de vue historiographique. 

Concernant justement l’historiographie saramaca, lue du point de vue de leur propre mémoire orale,  qui contraste avec les sources hollandaises de l’époque, la fascinante monographie de Richard Price, First Time,  1983, à mon avis est la meilleure étude académique produite jusqu’à ce jour sur les noirs libres du Nouveau Monde. Cette œuvre raconte et interprète les faits historiques les plus importants ayant conduits à la consolidation de la nation saramaca, incluant des éléments secrets, retenus par les leaders et les sages, qui condensent l’essentiel de cette saga.

La narration de First Time a été complétée, plus tard par un second volume, Alabi's World (1990), qui relate l’histoire des relations entre une nation libre naissante et l’État colonial hollandais de 1762 à 1820. 

Leurs héros fondateurs furent deux frères,  Lanu et Avako (Ayako), tous deux de la tribu Twi du Ghana, qui furent emmenés d’Afrique comme esclaves dans la plantation du juif portugais Immanuel Machado et d’où ils s’échappèrent en 1685.

Un jour, la femme de Lanu lui donna à boire du jus de canne à sucre. Les blancs qui l’avaient vu la battirent à mort. Ils l’amenèrent alors à Lanu et lui dirent: "Voici ta femme!" Puis, ils le fouettèrent également, et le laissèrent à moitié mort dans le champ.

Là, l’esprit de sa femme pénétra en lui, le réveilla, et il courut dans la forêt. Les blancs n’essayèrent pas de le poursuivre, persuadéss qu’il allait très vite mourir.

Il était complètement perdu dans la jungle épaisse lorsqu’un apuku (esprit de la forêt), du nom de  Wamba, pénétra en lui et le conduisit à un endroit où vivaient un groupe d’indiens, qui le recueillirent et le sauvèrent de la mort. Par la suite, Ayakô s’échappa, guidé par son obeah, le pouvoir magique, il retrouva son frère au milieu de la jungle. Puis ils retournèrent en cachette à la plantation et Ayakô réussit à délivrer sa sœur Seei, puis son épouse, Asukume et son fils Dabi. Plus tard, un autre esclave Guunguukusu, qui possédait également un obeah puissant, s’enfuyait de la même plantation Machado et en pleine divination (mantique), il localisa Seei dans la forêt et se joignit à la bande.

Dès qu’un groupe raisonnable d’anciens esclaves fut réuni, l’évènement suivant, dirigé par Lanu et Ayakò, crucial pour le futur historique des noirs au  Surinam, fut la destruction d’une des plantations de Machado et son exécution. À partir de là débuta une impressionnante épopée de résistance dans la forêt,  et d’attaques perpétuelles des plantations, à la recherche de vivres, d’armes, de munitions, d’ustensiles et surtout de femmes.

Après plus de soixante années de guerres, un descendant direct de Ayako, Abiui, devint le premier chef de la nation saramaca, le 19 septembre 1762,  en signant, avec d’autres leaders, le traité de paix par lequel ils obtinrent le droit de construire, fièrement et sans interférence, leur propre mode de vie. 

Une histoire similaire s’est produite en ce qui concerne la nation Djuka, formée par des esclaves échappés d’un autre groupe de plantations appartenant à des hollandais (raison pour laquelle leur langue diffère de la langue saramaca), dont le traité de paix date de 1760.

Depuis lors,  les esclaves libérés vivent dans la forêt, s’adaptant à l’environnement d’une manière très différente de celle des indiens, en augmentant leur population et en développant de riches institutions culturelles, comme par exemple l’art de la gravure sur  pierre mondialement fameuse aujourd’hui, et  avidement convoité par les antiquaires européens et américains.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga 

http://hemi.nyu.edu/course-rio/perfconq04/materials/text/carvalho.html

(Une longue bibliographie apparait en fin du texte auquel conduit le lien ci-dessus) 

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14 juin 2006

L’indéniable héritage africain en Amérique Latine

La colonisation de l’Amérique a impliqué l’arrivée forcée sur le continent d’un grand nombre d’hommes et de femmes africains, obligées de participer a la construction de ce qu’on appelle alors le "Nouveau Monde". Par leur dimension, leur présence en nombre - numérique, leur énorme capacité de travail, leur hétérogénéité, leur richesse culturelle et leurs valeurs, les africains par leur apport ont contribué à déterminer les profils qu’allaient acquérir les sociétés américaines émergentes. Cinq siècles plus tard, cet apport reste vivace sous des formes et des rythmes en accord avec le mode de fonctionnement de ces sociétés. De nos jours, les afro descendants représentent au moins 30% de la population du continent, dépassant les 160 millions de personnes.

L’héritage africain nourrit notre identité américaine (en plus de l’apport indigène, caucasien, juif, asiatique parmi tant d’autres) même s’il a rarement été reconnu et beaucoup moins apprécié et célébré qu’il aurait dû. Son influence se ressent dans tous les coins et recoins de l’Amérique hispanique et portugaise : de Veracruz, Oaxaca et Guerrero au Mexique, en passant par les côtes du Golfe du Honduras en Amérique Centrale, sur tous les territoires insulaires des Caraïbes, sur les littoraux Pacifique et Atlantique de Colombie, au Vénézuéla voisin,  au nord est du Brésil et même jusqu’au Río de la Plata, jusqu’au Cône Sud. Contrairement à une croyance répandue, cet héritage n’est pas seulement le patrimoine des afro descendants ou de ceux dont les traits physiques révèlent des liens ininterrompus avec l’Afrique.

Comme le soutient l’anthropologue et chercheuse, spécialiste de la diaspora africaine Sheila Walker "la composante afro représente une partie intégrale de la société entière dans chacune des jeunes nations d’Amérique Latine et des caraïbes ". Le bagage culturel alimente les répertoires culturels Latino-Américains. Pour le démontrer, il suffit tout simplement de considérer différentes formes d’expressions de la spiritualité, les vocables africains incorporés autant a l’Espagnol qu’au Portugais, les plats, la musque et les danses traditionnelles qui identifie chacun de nos pays. Même les noms de certaines de ces danses "nationales " furent créés en Afrique Centrale ou sont apparentés a la langue bantou (*). C’est le cas de la "samba" brésilienne, de la "rumba" cubaine et de la "bomba" portoricaine.

L’impact africain en Amérique est tellement immense qu’il touche même les pays de la région qui se sont le plus engagés dans l’exaltation de leurs "origines européennes" ou qui assurent ne pas avoir le moindre lien avec l’Afrique. Dans tous les cas, l’affirmation de l’ "européité" fut rehaussée aux dépens du passé africain, dont les traits furent proprement occultée. Dans ce sens, un des cas paradigmatiques est celui de l’Argentine. Jusqu'au milieu du XIXème siècle, le pays compta une importante composante de sa population qui était afro descendante qui résidait autour de la ville de Buenos Aires. Par la suite, cette métropole se transforma en un "Paris en Amérique" et se transforma avec fierté en reflet du Vieux Monde. De la même manière, durant les guerres d’indépendance, les noirs argentins se sont battus de façon aguerrie dans les rangs des en las filas des  armées nationales naissantes.

Malgré les "oublis" de l’histoire et la négation systématique, les échos de cette présence noire continuent de résonner jusqu'à présent, même s’ils s’avèrent indéchiffrables pour les jeunes générations. Un des plats populaire et traditionnel de en Argentine est le "mondongo", même si l’on ignore que ce mot a des résonances indéniablement africaines. Certains anthropologues et chercheurs indiquent que le vocable "tango" (qui définit la danse traditionnelle du Río de la Plata) provient de "tanga" qui en langue kikongo signifie "fête ou festival". 

Il faut reconnaître la multi culturalité de notre héritage, ainsi que la diversité distinctive de nos sociétés qui constitue sans doute sa plus grande force. Un processus de valorisation et de compréhension plus objectif de notre passé permettrait d’affronter plus aisément les défis de la difficile réalité latino américaine, parmi lesquels on retrouve le racisme institutionnalisé, la marginalisation politique et l’exclusion sociale des groupes ou des minorités ethniques et la pauvreté chronique des secteurs les plus vulnérables…

Traduit de lEspagnol par Guy everard Mbarga

http://www.elpanamaamerica.com.pa/archive/11302002/opinion06.shtml 

(*) Aux Langues Bantous

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11 juin 2006

Afro uruguayens : le génocide indirect

Par le sociologue et écrivain Rafael Bayce

La discrimination sociale et économique a provoqué la baisse du nombre d’afro uruguayens. Il s’agit, soutient Rafael Bayce dans cet article,  d’un génocide indirect peu étudié, qui non seulement n’est pas facile à comprendre, mais dont les responsabilités historiques sont difficiles à attribuer-établir, comme c’est le cas en ce qui concerne le massacre des derniers indiens charruas par Bernabé Rivera

Démographiquement, le premier noir arrivé en Amérique a débarqué lors du deuxième voyage de Colomb.

La première expérience de déportation des noirs en tant que main d’œuvre peu chère dans ce continent date de 1510, la première autorisation formelle de le faire remonte à 1532.

On se demande encore si les premiers noirs à débarquer sur le Río de la Plata (Fleuve d’Argent) furent introduits par Hernandarias (qui les inclut dans son testament) ou avec l’expédition de Juan Ortiz de Zárate. Dans tous les, ce fut avant le premier quart du XVIIème siècle.

On sait par contre de façon certaine qu’un esclave du nom de Gregorio était  crieur public deux ans après la fondation de Montevideo en 1728. Jusqu'à 1738, il n’y avait que des esclaves introduits à titre personnel par leurs maîtres. Mais, au cours de cette même année, le Conseil Municipal de la ville de Montevideo demande l’introduction d’une main d’œuvre guinéenne, qui arrive dans un navire de Thomas Navarro en 1743.

Ce flux africain fait que le recensement de Viana en 1751 a Montevideo indique la présence de presque 15% d’esclaves noirs sur le total de la population qui est de 939 résidents (141).

L’introduction des noirs ne fut pas très importante jusqu'à  1595, sous le régime juridique des licencias” (licences), permis d’introduction payants qui n’obligeaient pas (leurs détenteurs) à l’introduction effective et qui pouvaient être renégociées.

La substitution progressive des licences par les “asientos” *(établissement, installation) (1595-1787), augmenta l’arrivée des contingents de noirs, car le permis obligeait que l’introduction de cette main d’œuvre soit effective.

Même s’il y’eut exista toujours une importation clandestine, en plus de celle autorisée, l’entrée massive des noirs prend une grande ampleur avec les “capitulaciones” qui négocient l’introduction en très grand nombre des esclaves, dont le trafic est désormais libre et exempt d’impôts (1787-1812).

Au milieu de ce mouvement croissant d’introduction des esclaves, auquel les espagnols participeront tardivement et faiblement, Montevideo a le monopole de l’introduction des noirs par le Río de la Plata suite aux dispositions royales de 1789, 1791, 1801 et 1809.

Les conséquences démographiques ne se font pas attendre. Le Recensement de  Montevideo effectué 1805 indique 3.114 noirs sur une population de  9.359 habitants. Les noirs qui représentaient 15% des habitants de la population de Montevideo en 1751 passent désormais à  33% en 1805.

Mais 1813 marque la fin de la période de floraison démographique des noirs à Montevideo, et ils sont désormais 14.000 sur les 21.000 résidents, soit 66% de la population.

En somme, démographiquement, les noirs, de 1751 à 1813, c'est-à-dire en 62 ans, multiplient par plus de quatre leur représentation en pourcentage dans la population de Montevideo. Leur contingent est multiplié par cent en nombre absolu à Montevideo dont la population est multipliée par 25 durant cette période.

Une recherche devrait alors être entreprise pour répondre à la question suivante : comment Montevideo a-t-elle alors réussi à réduire, 150 ans plus tard, le contingent de noirs, le faisant passer de 66% de la population à un pourcentage inférieur de 10% ?

L’explication se trouve certainement à la fois dans l’immigration massive européenne, la ghettoïsation et la discrimination sociale et économique. Il s’agit en fin de compte d’un génocide indirect peu étudié, qui non seulement n’est pas facile à comprendre, mais dont les responsabilités historiques sont difficiles à établir, comme c’est le cas en ce qui concerne le massacre des derniers indiens charruas par Bernabé Rivera.

ABOLITION ET DISCRIMINATION

Mais la croissance démographique initiale était accompagnée d’une crainte elle aussi croissante du nombre de noirs - et évidemment d’une rébellion potentielle - (le fantasme de Espartaco) et d’une stigmatisation morale et sociale ethnocentrique.

Les licences nouvellement établies, sont ainsi temporairement interdites en 1550, car on craignait que les coutumes et la morale soient affectées par la religion et les danses africaines.

Un fait assez proche allait se produire à Montevideo dans les années 80 alors que l’autorisation pour la construction d’un monument à Iemanjá* dormait dans les bureaux gouvernementaux.

La discrimination socioculturelle (au départ conçue pour isoler les contingents malades et infestés a cause des conditions inhumaines d’entassement et d’hygiène des bateaux négriers) se manifeste par la fondation, dans ce qui est aujourd’hui Capurro, du premier ghetto noir alors appelé Caserío de los Negros. (Hameau des Noirs)

La discrimination socio culturelle prenait dans ce cadre une forme symbolique et favorisa la discrimination économique qui a reproduit le cercle vicieux de la pauvreté et plus tard celui de la marginalisation.

Cependant, la  paupérisation, la marginalisation et l’alimentation du cercle vicieux de la pauvreté vont de paire avec la conquête des égalités formelles et l’admission de traits culturels propres aux noirs (ce qui laisse croire à leur acceptation socioculturelle.)

En effet les danses, les rythmes et rencontres des “nations” afro uruguayennes se réduisent à des évènements extra-muros ou circonscrits aux ghettos urbains qui ont succédé au Caserío de Capurro (comme le Barrio Sur et Palermo...).

Les célébrations rituelles sont dépourvues de leur religiosité et transformées en contribution exotique à l’inversion feinte des hiérarchies sociales consacrée par le Carnaval.

C’est dans ce contexte de marginalisation, de génocide indirect et de pseudo acceptation culturelle que la Constitution de 1830, la première de l’Uruguay indépendante consacre la liberté des ventres.

En 1842, arrivera l’abolition de l’esclavage par le gouvernement Colorado (nom d’un parti politique), qui sera confirmé en 1846 par le gouvernement Blanco (autre parti politique important en Uruguay).

Les deux grands partis traditionnels uruguayens éliminent l’esclavage avec une précocité honorable, comparé au reste du monde.

Mais dans le même temps ils discriminent, ghettoïsent, alimentent le cercle vicieux de la pauvreté noire, feignent l’acceptation culturelle en la transformant en exotisme et en ne permettant aux noirs de briller que dans un cadre social secondaire (joueurs de football oui, boxeurs également; ministres, médecins et avocats, non).

Pour ces raisons, nous devons célébrer avec réserves l’abolition de l’esclavage; qui est important en tant que fait idéologique, mais qui dans les faits elle a fait de l’ombre a la discrimination, la ghettoïsation, la paupérisation et au génocide massif indirect. 

Iemanjá* : divinité africaine Yoruba, très présente dans les cultes des afro descendants d’Amérique Latine, notamment au Brésil.

http://www.chasque.apc.org/armando/nuestraumbanda/ediciones/b3/afrouruguay.htm

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

germano1a_whatis

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10 juin 2006

Yanga, histoire d’une rébellion

Statue représentant Yanga

À la fin du  XVIème siècle, la population indigène en Nouvelle Espagne avait considérablement diminué à cause des maladies et des mauvais traitements, mais elle restait plus nombreuse que celle des noirs, qui dans leur majorité étaient restés esclaves et dont un nombre moins important avait conquis la liberté en s’enfuyant, et constituant la classe appelée  "Negros Cimarrones"(Nègres Marrons).

Les africains n’étaient pas le moins du monde soumis et dès la période administrée par le premier Vice-roi Don Antonio de Mendoza, il y eut diverses tentatives de soulèvement, qui poussèrent ce dernier à ordonner de terribles exécutions pour qu’elles "servent de leçon".

Ceux-ci (les noirs) étaient arrivés en Nouvelle Espagne pour travailler dans les mines, et suivant la croyance selon laquelle un noir travaillait comme quatre indigènes. Ils occupaient également des taches domestiques et de majordomes dans les zones agricoles tropicales. Ils se distinguèrent dans ce dernier rôle par leur cruauté envers les indigènes, profitant du respect que ces derniers leur montraient, par crainte des maîtres espagnols, ce qui provoqua la protestation des religieux. Les Rois Espagnols interdirent alors que les noirs vivent dans les villages indiens.

Rue de Yanga, Veracruz, Mexique

En 1609, des rumeurs persistantes et des dénonciations couraient selon lesquelles le 6 janvier de la même année, les noirs allaient mener rébellion durant laquelle tous les blancs trouveraient la mort et qu’après cela, un roi noir serait élu.

Le vice-roi Luis de Velazco fils, même s’il ne croyait pas à la rumeur, ordonna de punir les prisonniers noirs (par des coups de fouets) pour calmer les ardeurs et pour que cela serve d’avertissement. Certains s’étaient déjà soulevés à  Veracruz, se réfugiant dans les  chaines montagneuses situées entre le Cofre de Perote et le Citlaltépetl ou Pic d’ Orizaba, augmentant rapidement leur nombre avec l’arrivée d’esclaves en fuite et des hommes des castes fugitifs de la justice.

Quelques uns se dédièrent à l’attaque des voyageurs, ce qui allait convaincre le vice-roi des rumeurs. Il organisa alors une expédition sous les ordres du capitaine Pedro González de Herrera, qui quitta  Puebla le 26 février 1609, incluant dans ses troupes 2 aumôniers militaires pour qu’ils essayent de limiter le nombre d’insurgés par le biais de la prédication et de la persuasion.

Les rebelles étaient dirigés par Yanga, un noir de la tribu des Bora du Haut Nil, de la Nation des Dinka dans le sud ouest de Gondoco, entre Bari et les Macaras.(*) Il était grand et bien bâti, et cela faisait 30 ans qu’il était en fuite et qu’il dirigeait les esclaves fugitifs. Il disait avoir du sang royal et qu’il aurait été roi s’il n’avait pas été mis en esclavage par les européens. Dans sa jeunesse, il dirigea lui même ses hommes, mais en vieillissant, il délégua ce rôle à un Angolais du nom de Francisco de Matosa, qui détruisait et incendiait les propriétés, tuant les hommes et capturant les femmes.

Un jour,  González de Herrera reçut un message de  Yanga par l’intermédiaire d’un (prisonnier) espagnol libéré. Dans ce message, il le défiait de mesurer leurs forces et affirmait ceci :

"...En attaquant et en incendiant les propriétés des Espagnols, ils ne faisaient que se rétribuer par la force des armes de ce qui leur était refusé. Ils leur envoyaient le porteur auquel ils n’avaient pas voulu donner la mort, pour qu’ils leur serve de guide et leur épargne la peine de les chercher..."

Le 21 février, les forces espagnoles interceptèrent sur la route d’Orizaba une colonne de cavaliers qui s’en allaient incendier une propriété sucrière. Ils les firent s’enfuir en direction du quartier général où leur arrivée provoqua une panique générale ainsi. Une terrible émeute s’en suivit alors.  González Herrera attaqua simultanément avec trois colonnes. Les noirs se défendaient en lançant des troncs d’arbres, des pierres et des flèches dont certaines allaient atteindre le capitaine  et les deux missionnaires, sans pour autant les blesser grièvement.

Les Espagnols contrattaquèrent avec vigueur et réussirent à atteindre le sommet d’une montagne où ils se retranchèrent, ce qui leur laissa la voie libre jusqu’au village - où se trouvaient Yanga, les femmes et les enfants. Ces derniers s’étaient enfuis en se rendant compte de l’approche des troupes.

Le capitaine offrit la paix et le pardon, mais ne cessa pas de les pourchasser. Yanga et ses principaux hommes se rendirent, en promettant de livrer les noirs fugitifs et de fonder une ville, à condition qu’on leur accorde à tous la liberté. La ville en question serait en fait une forteresse pour les espagnols dans ses zones montagneuses, les noirs s’engageant à ne pas donner l’asile aux noirs fugitifs et aux bandits. Ils acceptaient ‘’ d’ être fidèles au Roi d’Espagne’’ et demandaient un Ministre de la Justice ainsi qu’un curé (soigneur) des âmes. Le Vice-roi accepta cette requête et indiqua le nouveau territoire pour la nouvelle ville à quelques encablures de la ville Córdoba.

En 1618 fut fondée la localité du nom de San Lorenzo de los Negros, actuellement connu comme : YANGA, Veracruz, au Mexique.

BIBLIOGR: .ALMANAQUE DE MEXICO 1981, ED. S.D.N. 1981.

MEXICO A TRAVES DE LOS SIGLOS, EDITORIAL CUMBRE, MEXICO 1958 TOMO III PP 480 51.

Traduit de l'espagnol par Guy everad Mbarga

(*) Les différentes références géographiques et ethniques en gras sont difficiles à retrouver dans d’autres sources que ce texte publié sur Internet. L’auteur semble passer de références liées au pays d’origine en Afrique de l’époque de l’esclavage a d’autres liées à la Nouvelle Espagne. On se demande donc s’il s’agit de références historiques ou de références mythiques, ou alors des deux à la fois.

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