hommage au dieu africain  Iemanjá

 

Comme référence dans la lutte pour les droits civils et raciaux,  on a le pasteur Martin Luther King, leader des Noirs américains.  La question suivante se pose : pourquoi est-ce un pasteur et non un athée ou une personne sans religion qui est devenu le symbole de cette lutte ?

 

La réponse nous amène à réfléchir sur l'importance déterminante des religions chrétiennes dans la recherche et la conquête des droits civils et raciaux de la population noire américaine. On découvre que, dans leur grande majorité, les leaders politiques noirs américains ont évolué à l'intérieur des religions chrétiennes.   

Une autre question se pose : pourquoi aux Etats-Unis, les religions chrétiennes sont-elles des instruments auxiliaires dans les conquêtes de la population noire et qu'en Amérique latine, peu de religions chrétiennes jouent ce rôle ?

 

Dans ce sens, on peut citer comme initiative exemplaire le travail de l'Église Assemblée de Dieu et de l'Église Méthodiste. 

 

Dans les années 80, le pas le plus significatif  a été franchi par l'Église Méthodiste où se sont produites les articulations qui ont abouti à la création du  "Ministère de la lutte contre le racisme de l'Église Méthodiste". Ce "ministère" est reconnu dans plus de 10 états brésiliens.

L'avancée la plus récente des méthodistes noirs a été d'obtenir que cette initiative soit approuvée lors du dernier synode par la loi d'orientation des écoles et des facultés méthodistes. Il est recommandé de donner la priorité aux femmes et aux noirs lors de l'attribution des bourses d'étude dans les établissements d'enseignement de cette Église.

Une organisation d'Afrodescendants issus de 5 Églises Évangéliques différentes est née à  Rio de Janeiro, et devrait donner des résultats positifs d'ici peu.

Il est important de rappeler que toutes ces informations sont le résultat d'observations de travaux réalisés à partir de la réalité par les groupes africains de base. Aucune enquête structurée n'a été organisée pour évaluer ces données.

 

Racisme actuel

 

Une étude réalisée par l' "Institut de Recherche Economique Appliquée" (IPEA) démontre que la pauvreté touche 51 % des enfants brésiliens de 6 ans et moins. Cet indice est moindre parmi les blancs (38 %) et plus grand pour les Noirs (65 %).  Dans les autres phases de la vie, les différences raciales sont aussi claires : 61 % des noirs de 7 à 14 ans sont pauvres; chez les blancs, le pourcentage est de 33. La différence est également marquée à  l'adolescence et au début de la phase adulte. 47 % de noirs et 22 % de blancs vivent dans la pauvreté entre 15 et 24 ans. 

Les jeunes hommes blancs de 25 ans, comme dans les années 50 et 70, ont passé 2 ou 3 années de plus à l'école que leurs camarades noirs du même âge. Cela signifie que le jeune homme noir vit aujourd'hui une situation identique à celle vécue par son grand-père né dans les années 20. 

Parmi les 22 millions de brésiliens dans la pauvreté extrême (les personnes ne consommant pas la quantité de calories recommandée par l'ONU), 70 % sont noirs. La pauvreté n'est pas "démocratiquement distribuée entre les races, puisque les Noirs représentent seulement 46 % de la population", conclue l'IPEA. 

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

 

Publié en 2003  http://latinoamericana.org/2003/textos/castellano/DosSantos.htm

 

 

Frei David Raimundo dos Santos. freidavid@saofrancisco.edu.br

 

- Première publication sur ce blog le 6 juin 2006